LE GROUPE AMERICAIN DE POP ALTERNATIF ETAIT AU VAARTKAPOEN,JEUDI SOIR,GARBAGE, POUBELLE DE LUXE

Le groupe américain de pop alternatif était au Vaartkapoen, jeudi soir

Garbage, poubelle de luxe

Concert parfait, contact charmant : Butch, Steve, Duke et Shirley ont décidément tout pour plaire.

A l’heure où l’année 1995 s’apprête à tirer sa révérence, on en arrive fatalement à dresser le bilan des 365 jours écoulés. Même sans savoir lire dans le marc de café, il serait indécent d’imaginer le magistral premier album de Garbage absent des traditionnels référendums. Rarement un nouveau projet n’aura suscité autant d’enthousiame et de ferveur. Un emballement qui apparaît encore aujourd’hui comme amplement justifié. Garbage est parvenu à combiner des éléments empruntés aussi bien au hip hop qu’au punkrock avec beaucoup de raffinement et de créativité.

À sa décharge, le trio de base se paye un curriculum vitae assez impressionnant puisque derrière la «poubelle» se cache le producteur Butch Vig et ses complices de studio, Steve Marker et Duke Erickson. Ce trio infernal a travaillé avec la crème des crèmes des années nonante en produisant et remixant ce qui se faisait le mieux aux États-Unis. Bien sûr, il y a eu le «Nervermind» de Nirvana mais aussi Sonic Youth, les Smashing Pump-kins, Nine Inch Nails ou House of Pain. Au début des années 80, ces fondus de punk-rock ont rapidement monté leur propre studio à Madison, dans le Wisconsin. Nous avions déjà monté un groupe à trois qui s’appelait Spooner et nous avions enregistré trois albums, se souvient Butch Vig, absolument charmant et disponible, tout comme le reste du groupe d’ailleurs, que nous avons rencontré quelques heures avant le concert. Nous avons tous les trois plus ou moins la même culture musicale avec, pour ma part, un respect total envers Roxy Music. Nous avions aussi depuis longtemps envie de réaliser quelque chose ensemble, mais on stagnait un peu jusqu’à l’arrivée de Shirley. La miss en question est écossaise et s’appelle Shirley Manson, ancienne chanteuse de Goodbye Mr McKenzie et d’Anglefish. Nous avons vu un de ses clips à MTV, continue Butch, et on a directement été séduits par sa voix. Je le répète souvent, mais c’était la pièce manquante du puzzle. On a ensuite travaillé très dur, ça ne nous dérange pas de travailler seize à dix-huit heures par jour, en écrivant les arrangements, les chansons, les textes, et, franchement, on peut s’estimer heureux que les gens apprécient notre travail parce que nous n’avions juste que quelques idées. C’est Shirley qui a été le détonateur.

Je crois que nous sommes un groupe de pop alternatif, même si je déteste ce mot, le rock alternatif m’épuise. Certaines chansons sont pop, d’autres plus dures, il y a plein de guitares, c’est surprenant. Notre but était de faire transparaître une certaine fraîcheur. Pour moi, c’est l’album le plus excitant auquel j’aie participé. Et, pour une fois, c’était nous les patrons. Au départ, nous ne pensions même pas faire de concerts, juste quelques clips, et, finalement, on rentre aux États-Unis pour une tournée, on revient en Europe, et en Belgique, au printemps, pour revenir ensuite lors des festivals d’été vers juin, juillet. Nous allons aussi sortir un disque avec six nouvelles chansons en janvier. Et il y aura un deuxième album, évidemment. On lève le pied au niveau de ma production même si, dans chaque ville où Garbage joue, je reçois des piles de cassettes.

LE DERNIER QUART D’HEURE

En une petite heure, Garbage a fait plus que convaincre. Il aura fallu attendre «My Lover’s Box» et ses trois guitares, en troisième morceau, pour que le concert prenne une forme étonnante. On évitera de tomber dans l’avalanche de superlatifs, mais le groupe proposait des versions différentes de l’album et parvenait à salir ses morceaux avec beaucoup de rage et de classe. Shirley assure, sobre, seule sa présence en impose. Les musiciens qui visiblement prennent un malin plaisir à jouer devant un public sont sacrément doués. Ils parviennent tant lors de mémorables parties de guitares («Wow»), que lors de parties de claviers («A Stroke of Lucky») à créer une formidable atmosphère. Vig est lui aussi à son affaire derrière ses fûts et complète comme un chef la machine avec ses incessantes «boucles» qui font partie du paysage Garbage où la rythmique est omniprésente et judicieuse. La salle craquera lors du dernier quart d’heure intense, fascinant et lumineux. On appelle ça un concert parfait, tout simplement.

PHILIPPE MANCHE

Nous continuerons notre conversation avec Garbage dans un prochain «MAD», lors de notre bilan de fin d’année.

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