GARBAGE EN PROMENADE GANTOISE AVANT T/W, SHIRLEY N’EST PAS UNE “STUPID GIRL”

Garbage en promenade gantoise avant T/W

Shirley n’est pas une «stupid girl»

Ceux qui avaient découvert Garbage au VK en décembre dernier s’étaient tous donné rendez-vous samedi soir au Vooruit, emportant avec eux copains et copines, histoire de leur montrer que, non, ils n’avaient pas rêvé, que ce qu’ils avaient dégusté était bien historique, que le groupe qui avait livré un des meilleurs albums de l’année, nous lui étions aussi redevables d’un des meilleurs concerts de l’année. Butch Vig lui-même semble encore étonné (et évidemment enchanté) de la tournure que prend ce qui au départ n’était qu’un amusement, un passe-temps défoulant entre deux productions épuisantes. Mais pouvait-on dignement s’attendre de la part de l’artisan du son US des années 90 (du «Nevermind» de Nirvana aux deux premiers Smashing Pumpkins pour ne citer que le plus marquant) à de la demi-mesure ? Non. Garbage est bien plus qu’un groupe du dimanche. Le succès emporté par le disque (dix mille vendus rien qu’en Belgique) et par les concerts pousse Garbage à jouer les prolongations en festivals d’été avant de retourner en studio pour un deuxième album : l’affaire devient sérieuse et qu’on ait là entre les mains un des groupes phares de la décennie ne nous étonnerait guère.

Le meilleur argument à l’appui d’une telle certitude est l’évolution du groupe en trois mois de temps. Le son a pris une puissance entraînée par les deux guitares aux sonorités plus «trash» que jamais, ce qui n’est finalement pas étonnant de la part d’un groupe dont le nom signifie ordures. Et Butch n’est pas le seul responsable de cet état de fait. La petite Shirley Manson a elle aussi pris une sacrée assurance, imposant de façon fort convaincante et séduisante son rôle de Lolita des «nineties», de Kate Moss du rock qui n’oublie pas de sourire et de faire chavirer les caeurs adolescents par son style à la fois innocent et dominateur. Shirley sait maintenant bouger et tenir la dragée haute aux baroudeurs qui l’entourent.

Ouvrant par «Queer», Garbage ne laisse pas passer l’air, on a rarement entendu une telle densité, été soufflé par une telle intensité. Les inédits prometteurs (rien que «Kick My Ass»), l’enchaîné «Stupid Girl» (nouveau simple revu et remixé par Dreadzone) avec «Supervixen»… tout cela suffit à une heure de concert. Pas un temps mort, pas de petite faiblesse. Même le light-show était parfait. Des concerts comme ça, on n’en vit pas 5 sur l’an. Et dire qu’on va pouvoir revivre ça sous le soleil de Torhout-Werchter. Avec Shirley en petite tenue, on peut déjà prévenir les infirmiers réanimateurs qu’ils auront du boulot. Le plus triste dans l’histoire, c’est que ce groupe jusqu’ici célébré essentiellement dans la partie francophone du pays, il va falloir dorénavant le partager. Le monde entier va nous le ravir mais Garbage restera à tout jamais enfoui dans nos meilleurs souvenirs…

THIERRY COLJON

COLJON,THIERRY

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