Musique Nouvel album et concert « sold out », dimanche à l’AB, pour les Gantois d’Arid « Une chouette tournée aux Etats-Unis nous plairait vraiment bien » Un galop d’essai avant les festivals d’été

Musique Nouvel album et concert « sold out », dimanche à l’AB, pour les Gantois d’Arid

« Une chouette tournée aux Etats-Unis nous plairait vraiment bien »

Et de deux ! Après « Little things of venom », les Gantois d’Arid proposent un « All is quiet now » marquant un pas de plus vers la maturité. Ballades bourrées d’atmosphère et rock plus brut ne manqueront pas, cet été, d’occuper les ondes et les planches…

DIDIER STIERS

Jasper Steverlinck et ses trois comparses ont toutes les raisons du monde d’être sur un petit nuage. Dans la foulée d’un nouvel album dont ils s’avouent tout simplement « super contents », leur premier concert belge pour 2002, dimanche à l’Ancienne Belgique, était sold out depuis quelques semaines déjà. Ces jours-ci, les interviews s’enchaînent. Ensuite, il y aura Werchter. Rencontre.

Le groupe achève ses répétitions à Lokeren, dans un grand hangar. Le coin qu’occupent les Gantois ressemble à une scène : batterie clinquante, guitares alignées, amplis… A l’extérieur, le soleil brille ; que demander de plus ?

Il y a huit jours, nous jouions au Pinkpop, raconte le chanteur. Notre participation s’est décidée à la dernière minute, intervient David Du Pré, le guitariste. Entre Lenny Kravitz et Rammstein, nous n’avons pas vraiment eu le temps d’effectuer un bon « soundcheck ». En plus, notre chauffeur avait paumé les clés de la camionnette. Il a fallu briser une vitre pour y entrer. Tu vois le stress ? Mais une fois sur scène, tout s’est fantastiquement bien passé et on s’est rendu compte à quel point ça nous avait manqué.

Première grosse échéance publique depuis un an et demi, le festival hollandais a permis à Jasper et à son groupe de se rassurer : On dit toujours que le deuxième album est un tournant. Ce qui ressort des premiers commentaires que nous en entendons, c’est qu’il est plus adulte et encore meilleur que le premier. Nous sommes quand même restés absents pendant un bout de temps, constate David. Mais le disque se vend déjà bien et l’AB est complète ; les gens ne nous ont pas oubliés et demandent à nous voir jouer. Pour nous, c’est plus important que ce qui se dira dans la presse.

Se rassurer, et puis aussi tester quelques nouveautés. Sur scène comme sur l’album, du piano et des cordes viennent enrichir certains titres. Jasper : Nous changeons aussi d’instruments. Je joue du piano sur une chanson, Philip le bassiste également… Auparavant, la structure était beaucoup plus classique, avec la voix, la guitare, la rythmique.

« On a mûri, on cernemieux nos possibilités »

Les quatre d’Arid ont gagné en confiance, une confiance en eux à laquelle le son « live » de « All is quiet now » ajoute un indéniable plus. On y perçoit ainsi beaucoup mieux ce que les Anglais appellent de l’attitude. Çà et là, le climax s’avère plus intense : On a mûri en tant que musiciens, précise David, mais aussi en tant que groupe. On cerne mieux nos possibilités. Fréquenter des producteurs doués comme cette fois Mark Howard, ou d’autres artistes, c’est enrichissant. Ce qui nous aurait pris des mois à mettre au point par le passé a duré quelques semaines avec Mark. Mais quand tu vois l’expérience accumulée par ce type, avec U2, Bob Dylan ou Daniel Lanois, c’est normal. Ça nous a servi de cours accélérés !

Arid serait-il en train de devenir le groupe le plus important du plat pays ? Ils rigolent : Sur la scène alternative, il y en a quelques-uns. On ne se sent pas si importants que ça, même si on y apporte notre contribution. C’est vrai aussi que, ces derniers temps, la musique en Belgique fait beaucoup parler d’elle, avec des gens comme Soulwax, dEUS… Il se passe des choses intéressantes, même en Wallonie, avec Sharko, Flexa Lyndo. Vu du côté flamand, on avait l’impression d’un retard, mais ils se rattrapent. C’est bien !

Après l’été, « All is quiet now » sortira un peu partout en Europe. Et puis, il y a ce rêve américain qui les titille : Nous avons quelques fois été aux States, mais jamais vraiment pour jouer. A l’époque du premier album, nous étions sur un petit label dont les finances ne permettaient pas d’aller y jouer, même si nous en avions éventuellement la possibilité puisque, en Europe, nous avions tourné en première partie des Counting Crows.

Aujourd’hui repris par Sony, le groupe peut voir les choses différemment : Une chouette tournée comme « support act » nous plairait vraiment bien, résume Steven, le batteur, par ailleurs découvreur et producteur des Brugeois de Lemon. Nous sommes restés deux mois à LA pour cet album-ci : c’est quand même le centre du monde, point de vue musique. Tous ces clubs, ça donne envie. Quand on est remarqué là-bas, beaucoup de choses deviennent possibles. Mark Howard aurait pu nous concocter quelque chose mais nous arrivions à la fin de notre séjour. En même temps, nous restons réalistes : le fils de Stephen Stills jouait dans un de ces clubs devant une cinquantaine de personnes à peine. Rien n’est jamais gagné.·

Album « All is quiet now » (Sony). Web : www.aridcentral.com.

Un galop d’essai avant les festivals d’étéCRITIQUE

PHILIPPE MANCHE

Un peu plus d’un mois avant le festival de Werchter (1), Arid étrennait son nouveau répertoire sur la scène de l’Ancienne Belgique dimanche soir. La salle du boulevard Anspach affichait fort logiquement complet tant la popularité du groupe emmené par Jasper Steverlinck est en courbe ascendante depuis « Little things of Venom », un premier album unanimement salué.

Soutenu par un visuel soigné et ultra léché, bénéficiant d’un son assez fortiche malgré la voix beaucoup trop en avant , Arid a présenté ses nouvelles chansons de façon scolaire et appliquée.

Si la voix du chanteur et guitariste, évoquant tantôt celle de Jeff Buckley tantôt celle de Freddie Mercury, est un atout majeur, elle peut aussi déforcer l’ensemble sur la longueur en installant progressivement un sentiment d’uniformité.

Ceci étant, le groupe est très soudé sur scène et la section rythmique (Steven Van Havere aux fûts et Filip Ros à la basse) fait un énorme travail. Avec la guitare de David Du Pré, Jasper dialogue aisément, même si la structure des morceaux est proche des groupes prog-rock. Sans démériter, le groupe n’est toutefois pas parvenu à instaurer une vraie dynamique construite autour du deuxième album et des inévitables tubes, « Too late tonight » en tête.

En fin de compte, ce concert dominical était un galop d’essai avant les festivals d’été et une rentrée bien chargée pour la jeune formation belge…·

(1) Arid sera le 30 juin à Werchter.

STIERS,DIDIER,MANCHE,PHILIPPE

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