C’est la Feist

Dans la galaxie Peaches-Gonzales brille l’étoile de Feist la Canadienne

C’est dans l’écrin d’eau et de verdure des étangs Mellaerts, à Bruxelles, que Leslie Feist, le sourire contagieux, raconte son nouvel album. Pour ne rien gâcher, le lunch qu’elle a tout juste terminé était, paraît-il, excellent.

Entre une reprise des Bee Gees et une autre de Ron Sexsmith, « Let it die » est cosigné et arrangé par l’intenable Gonzales, que la jeune femme a accompagné sur ses deux derniers projets : Ce qui me laissait des millions d’heures de liberté entre les concerts. Je disposais de maquettes, mes « red demos » comme je les appelle. Elles me servaient de carte de visite pour ceux qui me demandaient ce que je faisais dans la vie et à qui je ne savais jamais quoi répondre. C’est à force de lire, de réfléchir et de discuter avec Gonzales que ce disque est né.

Forte personnalité s’il en est, doté d’une présence qui ressort d’emblée de sa musique, Gonzales, le Canadien de Berlin, trouve là l’occasion de mettre ses talents d’arrangeur au service d’une autre voix que la sienne.

Pendant des années, reprend Feist, j’ai appris à me servir des ordinateurs, de différents instruments et du 4 pistes que mon père m’a offert pour mes 16 ans. Mais la « logistique » n’a jamais été mon truc. Nous nous sommes donc réparti les rôles : lui allait être Burt Bacharach et moi, Dusty Springfield. Sauf que j’écris aussi mes textes… A chaque moment libre, les deux compatriotes filent donc à Paris pour bricoler : Au bout du troisième séjour, nous avions déjà dix chansons, et cinq autres en préparation.

Avant de rencontrer celui qu’elle appelle « Gonzo », Feist aura joué de la batterie et de la guitare dans des groupes rock tendance punk. Aura craqué pour Metallica et la BO du « Fantôme de l’opéra ». Fait partie du collectif Broken Social Scene. Et on la retrouvera également aux côtés de l’allumée Peaches, en studio comme sur scène. Un passé suffisamment agité que pour s’étonner des atmosphères jazzy ou folks et des ballades champêtres de ce « Let it die » : Mon premier album (NDLR : « Monarch », en 1999) était un peu extrême, dans le sens où je m’y mettais à nu. J’ai passé pas mal de temps avec des groupes rock. Voir des gens sauter dans la salle était fun. Parallèlement, tourner en solo et m’exposer de la sorte m’épuisait, mais c’est une démarche nécessaire. Et honnête. Je me suis toujours retrouvée dans plusieurs projets en même temps. Des trucs un peu country, très calmes, à la Palace Brothers. Le lendemain, c’était avec Peaches. Le jour d’après, j’étais sur scène avec mon 4 pistes et un violoniste. Ces facettes étaient déjà là : pour moi, elles n’ont donc rien de bizarre.

Autre facette du personnage : le duo. On la retrouve ainsi sur le tout récent « Rendez-vous » de Jane Birkin, avec qui elle chante « The simple story » : Un jour, elle est venue frapper à ma porte… Non, je rigole ! En vrai, c’est le producteur Renaud Letang (Dani, Manu Chao…) qui a contacté Gonzales, à la recherche d’une nouvelle collaboration : Gonzo lui a parlé de moi, il a produit mon album et, comme l’expérience s’est avérée positive, la collaboration a continué, en famille. Pour elle, ils m’ont demandé d’écrire un duo. Ce que je n’avais jamais fait. Et de Jane Birkin, je ne connaissais que cette voix fluette de jeune femme sexy des sixties. Elle a aimé l’idée d’un dialogue, d’un échange, et voilà…

Jane B. n’est pas la seule : Erlend Oye, des Kings of Convenience, croisé lors d’un festival portugais, l’a invitée à les rejoindre en Norvège. Avant d’entendre le fruit de ce minitrip, et après avoir séduit le Printemps de Bourges (« Le Soir » de lundi), Feist sera une nouvelle fois passée par la Belgique. Sur scène… Je n’ai encore aucune idée de ce que je ferai, dit-elle en éclatant de rire. Mais ce sera un fantastique concert ! D’autant que la veille, elle sera précédée par… Gonzales !·

DIDIER STIERS

« Let it die » (Polydor/Universal).

Site : www.listentofeist.com.

STIERS,DIDIER

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2 Comments

  1. Pingback: Les albums de l'année: 9. Feist "The Reminder" :

  2. llorente

    19 décembre 2007 à 14 h 09 min

    excellent album.
    concert magnifié par la présence de Gonzo.

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