Claudine Muno n’est pas méchante

Ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre une artiste luxembourgeoise. Romans, théâtre, BD, dessin : elle sait tout faire.

Le Grand-Duché de Luxembourg est plus célèbre dans le monde pour son secret bancaire que pour ses artistes. Le seul que nous ayons jamais rencontré est Brian Molko, c’est dire.

Claudine Muno est inconnue en Belgique quand sort son album, Petites chansons méchantes, sur le label bruxellois Green L.F.Ant (Monsoon, Superlux, Minérale, Mint, The Diplomat, Pornorama…). En son pays, elle est pourtant loin d’être une débutante. Romancière primée en 2004 par le prix Servais (pour sa cinquième œuvre, Frigo), auteur de théâtre et de BD, prof et chanteuse, Claudine, à 28 ans, sait tout faire. En quelle langue ? C’est là que ça se complique : « Mon premier livre était en anglais, nous a raconté l’artiste, puis j’ai écrit en allemand et en français. Maintenant, je n’écris plus qu’en luxembourgeois. »

Polyglotte, Claudine, sur le disque des Luna Boots (le groupe qui l’entoure depuis 2003), chante deux chansons en anglais et une en luxembourgeois (« Alaska »). Le reste, c’est en français. « L’avantage d’écrire en français, c’est qu’on est libéré de ses influences, et ça devient donc plus personnel. Chanter en allemand, ça, je ne pourrais pas, c’est trop dur. À la télé, au Luxembourg, on peut regarder “Popstars” en allemand, en anglais et en français. »

Depuis toute petite, Claudine oscille entre l’écriture et la musique : « Souvent, j’ai une idée et je me demande si ça ferait une pièce de théâtre, une chanson ou un roman. Il n’y a pas beaucoup d’auteurs de théâtre au Luxembourg, donc les gens viennent parfois me demander d’écrire des choses. Et puis, j’ai un éditeur très gentil qui me laisse écrire les livres que je veux. »

Prof de métal rock

Claudine a donc mis du temps pour arriver jusqu’à nous : « C’est difficile de passer la frontière, je ne sais pas à quoi cela tient. Et aujourd’hui, c’est difficile de se faire produire au Luxembourg. Il y a tout de même une bonne scène underground et métal. Je vivrais volontiers à Bruxelles, que j’aime beaucoup, mais j’enseigne la musique dans un lycée expérimental luxembourgeois. C’est très interactif, je coache des petits groupes de métal. L’idée est de leur apprendre comment fonctionne un groupe et comment on construit une maquette. »

En ce qui la concerne, en tout cas, elle sait y faire. Son disque est un vrai petit régal. Ses petites chansons soi-disant méchantes, non dénuées d’humour, sont bien mises en évidence par les Luna Boots, dont la chanteuse Sandra sert plus d’une fois d’alter ego. C’est fin et fort. Thierry Kinsch, un vétéran de la scène luxembourgeoise, apporte toute son expérience dans une entreprise à la fois riche et légère.

Les histoires de Claudine ne sont pas vraiment des contes de fée. Les anges sont pervertis, le grand méchant nain dévore des grands-mères, le marchand de sable, à qui on a mis de la poudre blanche dans le sachet, a été kidnappé… Claudine a une imagination effrayante. Ses chansons sont autant de thérapies : « J’ai peur de tout et tout me terrifie, donc autant mettre les pieds dedans et utiliser l’humour noir pour se soulager. »

Claudine Muno & The Luna Boots, Petites chansons méchantes (Green L.F.Ant – Bang !).

En concert le vendredi 18 janvier à la Rockhal d’Esch-sur-Alzette.

www.thelunaboots.com

STAGIAIRE,COLJON,THIERRY

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2 Comments

  1. axel

    15 janvier 2008 à 21 h 04 min

    Salut, le lien pour le site de claudine ne fonctionne pas.

  2. Pingback: Claudine Muno & the Luna Boots « Humble Ogre Bondissant

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