Les poètes de l’électronique

Musiques Concert complet pour Underworld, ce soir à l’AB

entretien

En novembre 2007, Rick Smith et Karl Hyde n’avaient pu participer à la grand-messe gantoise d’I Love Techno, lors de la sortie de l’excellent Oblivion with bells. Ce soir, Underworld sera dans une Ancienne Belgique convertie en dancefloor. Clin d’œil en effet que ce titre d’album : les Britanniques sont toujours hyperactifs après 27 ans d’activités, et point prêts à valser dans l’oubli.

Même les plages les plus dansantes de ce CD baignent dans une atmosphère détendue. C’est toujours votre état d’esprit ?

A la fin de notre contrat avec V2, Rick et moi avons décidé de financer nous-mêmes nos activités. Ça fait cinq ans que dure cette vraie liberté. Nous avons lancé un programme sur une webradio, joué les disques de tas de gens, jammé avec d’autres, composé deux musiques de film et sorti des inédits. Depuis 2006, nous avons aussi renoué avec le dancefloor en enregistrant des maxis. En plus de repartir en tournée, et de continuer à écrire sur la route.

Underworld est plus que jamais « à part » ?

Nous ne faisons plus partie de l’industrie ni d’aucun « mouvement ». Plus personne n’attend de nous que nous vendions un certain nombre de disques. La seule pression, nous nous la sommes mise nous-mêmes en nous fixant pour but d’être heureux ! Quand il a fallu sélectionner les titres pour ce disque-ci, nous n’avons eu qu’à puiser dans ce que nous avons écrit pendant ces cinq ans et « digérer » ce qui a pu nous influencer. Et avec Rick comme producteur, ce disque a été peaufiné jusqu’à la dernière seconde. C’est vraiment bien.

Sur « Ring road », on dirait que vous vous êtes mis au rap !

Vous connaissez les Last Poets ? Pour moi, c’est un des groupes les plus influents au monde. Le premier album, en particulier, est époustouflant. Je suis jaloux de la manière dont ils utilisent la langue et le rythme des mots. Ce n’est pas ce que j’ai voulu faire, et ce titre n’est pas un hommage aux Last Poets. Juste le fruit de leur profonde influence.

Ce disque, comme ce que vous faites sur scène, n’est pas juste une suite de titres…

Comme nous voulions sortir un album cohérent, où chaque piste est à sa place, nous avons écouté beaucoup d’albums, de la musique de film et des instrumentaux, en plus de l’électronique et des dernières nouveautés en matière de club music allemande. En studio, nous avons souvent passé Caravanserail de Santana, que j’avais acheté étant gamin. La face A du vinyle ressemblait à une seule longue piste. Composer tout un album sur ce principe, juste fait de « mouvements », pouvait être un projet intéressant. Ce n’est pas à ça que nous sommes arrivés, mais ce n’est pas loin.

Oblivion with bells, PIAS.

STIERS,DIDIER

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