Girls in Hawaii : le débat

gih300.jpg On l’attendait depuis un bout de temps, le voilà. “Plan your escape”, le nouvel album des Girls in Hawaï est arrivé. Les gaillards ont pris leur temps pour fabriquer un petit frère au carton “From here to there”. Histoire d’atterir en douceur après un décollage fulgurant et de se retrouver, prendre une bonne inspiration avant d’écrire le chapitre 2 de l’aventure.

Si vous souhaitez prolonger le débat ouvert ici autour de “Plan Your Escape”…L’avis de Corentin Di Prima – **

Les gars de Braine nous gratifient encore une fois de perles susceptibles de tourner en boucle sur la bande FM – le single “This Farm Will End Up In Fire”, “Sons of the sun”, “Bored” – mais elles sont moins nombreuses et vite égrainées. Trois plages, deux et demi même et on tourne la page. Sur la fin de “Bored”, le troisième morceau, on bascule dans une atmosphère plus feutrée. “Bored”, vous vous ennuyez, les gars ? De rejouer dans la même pièce ? Après trois morceaux, GIH explore, quitte la plage et choisit d’entrer dans le bois, au risque de s’éloigner du soleil d’une recette qui a fait son succès.

Les morceaux se font moins radiophoniques, les structures se complexifient. Les Girls se compliquent la vie parfois. Mais restent généreux. La voix sur le fil du rasoir, on l’aimerait rageuse, nuancée, elle se retient. Les intruments se multiplient : guimbarde sur “Shades of time”, cordes sur l’excellent “Fields of gold”, accordéon sur le fanfaresque “Couples on TV”, claviers sur “Colors” et “Birthday call” appuient une section basse-batterie solide et des guitares tantôt prédominantes, tantôt absentes. Ca s’énerve sur la fin de “Birthday call”, “Road to Luna” et “Summer storm” avant de s’apaiser sur “Plan your escape”, dernier morceau du disque.
S’il comporte une foule de bonnes idées, des instrumentations travaillées, avec “Plan your escape”, Girls in Hawaï est assis entre deux chaises. La fraîcheur des débuts a laissé place à l’incertitude du lendemain. En cherchant à innover, sortir de l’ombre de son album aîné, Girls in Hawaii entre en forêt. Le groupe emprunte des sentiers escarpés, trouve une clairière, puis une autre. Mais pas(encore) le soleil.

On se réjouit quand même de voir les boys sur scène. (Corentin Di Prima)


L’avis de Thierry Coljon – ****

Le fait est assez rare pour être relevé: ce deuxième album des Girls est encore meilleur que le premier. Il confirme et affirme un style original, propre au groupe, tout en allant p lus loin, avec une richesse sonore (du marxophone, par exemple) qui fait respirer l’album, à l’image du titre «Fields of gold». Sans parler de la puissance mélodique.
«This farm will end up in fire», «Sun of the sons» et «Birthday call» sont de véritables bombes amenées à devenir, sur scène, les moments paroxystiques des futurs concerts.
Girls in Hawaii réussit le plus difficile: l’équilibre parfait entre le travail soigné et l’énergie brute. Avec des titres à la fois forts, évidents et subtils. Un exploit! (T.C)


L’avis de Cédric Petit – **

On a longtemps cru, à l’écoute de “Plan Your Escape” qu’on avait perdu les Girls In Hawaii, qu’on ne retrouverait jamais retrouver chez eux l’espèce d’éclat lumineux et blafard qu’on avait observé sans relâche dans “From Here To There”, né d’une inspiration qu’un groupe ne doit pouvoir rencontrer qu’une fois dans son existence. “This farm will end up in fire”, martelé ces dernières semaines, n’était à cet égard qu’à moitié rassurant. Radiophonique, mais désincarné, appliquant quasi à la lettre une sorte de charte “Girls In Hawaïenne” avec sa montée progressive, où le groupe se ménage grosse modo une petite minute pour brailler “Everybody’s lost in the sun”. On a continué à chercher dans “Sun Of The Sons”, qu’on a laissé s’écouler, sceptique, en se demandant si ce morceau allait lui aussi nous révéler quoi que ce soit après trois minutes. En vain, sans même parler de “Bored”, qui décrit parfaitement le sentiment qui peut habiter l’auditeur après 10 minutes d’écoute d’un disque à la production parfois limite.

Difficile, au vrai, de se défaire de ce sentiment d’agacement que provoque “Plan Your Escape” dans sa grosse moitié. On a zappé “Bored”, presque fâché définitivement avec cette voix plaintive. Sceptique encore sur ce morceau de transition “5.20.22”. Avant que les Girls ne remontent doucement la pente avec “Fields Of Gold”, faiblarde mais touchante, n’était ce final celtisant qui résume assez bien le noeud dans lequel étaient empêtrés les Girls: amener du sang frais, ne pas refaire “From Here To There”, au point de singer à peu près tout ce qui se présente à eux. Sur “Fields Of Gold”, pour la première fois du disque, on arrive à oublier le nez bouché d’Antoine, et à passer à autre chose. Dans “Couples On TV”, avec ses allures de bricole tomwaitsienne, et son accordéon obsolète, on retrouve un peu de la magie de “From Here to There”, ce sorte de naturel qui semblait avoir fui les GIH sur les 5 premiers morceaux. On se surprend même à vouloir en arriver à “Plan Your Escape”, dernier morceau du disque, moins pour passer à autre chose (“Summer Storm” est en son genre un bon morceau des Girls) que pour ces trois minutes émouvantes de simplicité, qui ne cherchent pas leur salut dans des contrées éloignées, mais restent en territoire connu et se payent même le luxe de finir au moment où commençait à s’emballer pour de bon. Du gâchis? Non. Un brouillon d’album ? Non plus; c’est même quand ils lâchent la bride que les Brabançons sont les plus forts. Mais bon dieu que ça a été dur…(C.Pt)


Les dates annoncées pour la Belgique :

15/02/2008 : TRIX – Anvers
16/02/2008 : CIRQUE ROYAL – Bruxelles (complet)
03/05/2008 : PACROCK FESTIVAL – Pont-à-Celles
30/05/2008 : ANCIENNE BELGIQUE – Bruxelles

De nombreuses dates sont prévues en France. Les GIH seront aussi de passage en Suisse, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Autriche et en Italie.

Pour le détail de toutes les dates de concert :
Le Myspace du groupe : www.myspace.com/girlsinhawaii
Le site officiel


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5 Comments

  1. duke ****

    12 février 2008 à 15 h 50 min

    C’est somptueux! Oh, bien moins évident que le premier From Here To There, moins radiophonique… Comme dit plus haut, les Girls In Hawaii sont entrés dans une forêt et ils cherchent… et avancent.
    Ils retrouvent la magie du premier essai (cette sincérité, cette ligne invisible qui fait se rejoindre le rire et les larmes…) mais évitent la redite… Ainsi, la complexité de certains morceaux et les trouvailles sonores… Si le premier album poussait à l’évasion vers des espaces verts et aérés, ce Plan Your Escape nous pousse dans les forêts boisées de notre fort intérieur… somptueux.

  2. duke ****

    12 février 2008 à 15 h 51 min

    C’est somptueux! Oh, bien moins évident que le premier From Here To There, moins radiophonique… Comme dit plus haut, les Girls In Hawaii sont entrés dans une forêt et ils cherchent… et avancent.
    Ils retrouvent la magie du premier essai (cette sincérité, cette ligne invisible qui fait se rejoindre le rire et les larmes…) mais évitent la redite… Ainsi, la complexité de certains morceaux et les trouvailles sonores… Si le premier album poussait à l’évasion vers des espaces verts et aérés, ce Plan Your Escape nous pousse dans les forêts boisées de notre fort intérieur… somptueux.

  3. Pingback: Les Girls , de Pussemange au parc de Woluwe : frontstage

  4. mr bungle

    15 février 2008 à 10 h 10 min

    un délice! et ce des la premiere ecoute. De là à savoir si on s’en lassera ou pas, l’avenir nous le dira, mais cet album est musicalement beaucoup plus riche que le premier qui séduisait surtout par la fraicheur des mélodies et la spontanéité… de nombreuses références sautent a l’oreille, parfois un peu trop frappantes (Tom Waits? parfois.. mais aussi grandaddy? belle and sebastian? Sharko? ), mais des références de très bon gout. des atmosphères variées, un album qui destabilise et qui m’a d’ores et deja fait commandé mes places pour le concert a l’AB. Ca va etre bien, ca va etre fun, ca va chanter, se saouler, et sourire entre les larmes.. Je vous conseille de vous joindre a nous!

  5. Cédric Gervy

    13 mars 2008 à 16 h 28 min

    ouh, que je l’ai attendu celui-là, pourtant ce n’est pas (plus) dans mes habitudes d’être un peu fan transi… et puis je l’ai enfin, frémissant d’impatience à écouter leurs nouvelles pépites… très vite le “p” se mue en “d”, tant la plupart de ces morceaux me… dépitent. Adorateur de “this farm”, j’ai dû attendre jusqu’au merveilleux “birthday call” pour eeeeeeeeeeeenfin vraiment les trouver géniaux. Puis, ouf, le superbe instrumental “road tu luna”, qui m’avait tant enthousiasmé à Dour, se rappelle à mon bon souvenir, et la plage titulaire revêt également de beaux atours sombres. Mais sinon si j’étais anglophone le titre “bored” résumerait assez bien l’attitude de mon doigt zappant sur “forward” de la chanson une à la chanson neuf… Maintenant, 4 titres splendides sur un album (belge de surcroît) à l’heure actuelle, n’est-ce pas déjà en soi une prouesse ? je vous en laisse juge…

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