Bashung sous un fin rayon de bleu intense

critique

Lille, de notre envoyé spécial

Parrain de l’Aéronef, la chouette salle lilloise, Bashung y est arrivé en milieu de semaine, avec ses musiciens, afin de peaufiner la mise en place sonore et scénique de la première date de la tournée Bleu pétrole. On sentait d’ailleurs une légitime excitation dans le public. Trois ans après sa formidable tournée Les grands espaces, l’artiste remettait le couvert dans la foulée d’un dernier album lumineux qui contraste avec le plus opaque L’imprudence.

Les photos du concert ici

Bien sûr, en trois ans, pas mal de choses ont changé. La santé d’Alain lui a joué des tours, mais nous sommes ici pour évoquer la musique d’un des plus grands artistes français, et non sa dernière visite médicale.

Il est 21 h 13 exactement lorsque Yann Péchin (guitares), Bobby Jocky (basse), Arnaud Dieterlen (batterie) et Jean-François Assy (violoncelle) prennent possession de la scène. En chemise blanche, costard, lunettes et chapeau noirs, Alain s’assied sur un tabouret, empoigne sa guitare acoustique et attaque « Comme un Lego », premier des sept morceaux de Bleu pétrole que le chanteur interprétera (lire ci-contre).

Dans ce fin rayon de lumière bleutée qui l’entoure, sa silhouette découpée rappelle les dégaines des privés des films noirs, ceux de Fritz Lang ou d’Anthony Mann. La voix est intacte, sculpturale et magnifique. Alain bouge peu – de toute façon, il n’a jamais fait son Iggy Pop sur scène –, reste ultraconcentré et tout en retenue sur son concert.

Les nouveaux morceaux s’intègrent à merveille dans un répertoire qui fait également la part belle au magnifique Fantaisie militaire, ignorant, exception faite de « L’irréel », L’imprudence.

Plus serré et plus sobre

On retiendra, des interprétations de Bleu pétrole, la version très noire et tendue de « Je tuerai la pianiste », aux climats proches de Novice, avec Bashung, debout, la main au micro, chantant : « Je suis un Indien / Je suis un Apache / Auquel on a fait croire / Que la douleur se cache ». Impossible aussi de ne pas succomber aux « Résidents de la République », à mettre à l’actif, comme la moitié de Bleu pétrole, de Gaëtan Roussel – qui avait fait également le déplacement lillois, samedi soir, mais dans le public.

Livré en formation serrée par rapport à la dernière tournée (deux musiciens en moins, tout de même) et dans un décor plus sobre (fini les projections), ce répertoire, transcendé par des éclairages majoritairement bleu et blanc cru, impressionne par sa force, sa cohérence et son homogénéité. En quittant la salle, après deux heures intenses, on n’avait que le mot « Respect » à la bouche. Avec un « R » majuscule.

Philippe Manche

[dailymotion x4jl9h]

Au Cirque royal le 22 mai. Tél. 02-218.20.15, www.botanique.be.


Le répertoire

1. Comme un Lego.

2. Je t’ai manqué.

3. Hier à Sousse.

4. Volontaire.

5. Samuel Hall.

6. Vénus.

7. L’irréel.

8. La nuit je mens.

9. Je tuerai la pianiste.

10. What’s in a bird.

11. Légère éclaircie.

12. Ma petite entreprise.

13. À perte de vue.

14. Happe.

15. J’passe pour une caravane.

16. Résidents de la République.

17. Osez Joséphine.

18. River deep mountain high.

19. Fantaisie militaire.

20. Madame rêve.

21. Sur un trapèze.

22. To bill (avec Chloé Mons).

23. Vertige de l’amour.

24. Malaxe.


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2 Comments

  1. Icare69

    22 mai 2008 à 0 h 45 min

    Heureusement (et merci !) que la presse belge est là pour tenir informés les fans français du déroulement de la tournée D’Alain Bashung, car chez nous pas moyen de trouver dans la presse des commentaires et photos de sa tournée !

    Nos journalistes doivent tous être entrain de se faire dorer la pillule sur la Croisette à Cannes….

    Je souhaite de LYON France sud est, où Alain s’est arrêté le 14/05 pour nous offrir 1 concert magique, beaucoup de bonheur à ceux et celles qui demain soir, auront le privilége de le voir et l’écouter (sa voix reste magnifique et ne tremble pas)au Cirque Royal à Bruxelles !

    “…Tu vas me revoir, mademoiselle Bruxelles
    Mais je ne serai plus tel que tu m’as connu
    Je serai abattu, courbatu, combattu
    Mais je serai venu
    Bruxelles, attends-moi, j’arrive
    Bientôt je prends la dérive
    Paris, je te laisse mon lit…”

  2. Icare69 LYON

    22 mai 2008 à 14 h 43 min

    BRUXELLES : MAGNIFIQUE

    LIEN : http://www.dailymotion.com/video/xjzc2_bashung-bruxelle_music

    Bruxelles, ma belle, je te rejoins bientôt
    Aussitôt que Paris me trahit
    Et je sens que son amour aigri, et puis
    Elle me soupçonne d’être avec toi, le soir
    Je reconnais, c’est vrai
    Tous les soirs, dans ma tête
    C’est la fête des anciens combattants
    D’une guerre qui est toujours à faire
    Bruxelles, attends-moi, j’arrive
    Bientôt je prends la dérive

    Michel, te rappelles-tu la détresse
    De la kermesse de la gare du Midi ?
    Te rappelles-tu ta Sophie
    Qui ne t’avait même pas reconnue ?
    Les néons, les Léon, les Nom de Dieu
    Sublime décadence, la danse des panses
    Ministère de la bière, artère vers l’enfer
    Place de Brouckère
    Bruxelles, attends-moi, j’arrive
    Bientôt je prends la dérive

    Cruel duel, celui qui oppose
    Paris névrose et Bruxelles
    L’abrutie qui se dit que bientôt ce sera fini
    L’ennui de l’ennui
    Tu vas me revoir, mademoiselle Bruxelles
    Mais je ne serai plus tel que tu m’as connu
    Je serai abattu, courbatu, combattu
    Mais je serai venu
    Bruxelles, attends-moi, j’arrive
    Bientôt je prends la dérive
    Paris, je te laisse mon lit…

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