Couleur café très épicé

Le récit de la première journée festivalière à Couleur Café avec les concerts d’Orishas, Bai Kamara Jr, Orishas, l’Orchestre national de Barbès…

Les photos des concerts de ce vendredi

Chronique d’une première visite dans l’antre du festival Couleur Café. D’office, l’ambiance prend aux tripes dès que l’on franchit l’entrée principale de Tour et Taxis. Le décorum du festival, à la lisière de la branchitude ethnico-urbaine, enivre. Dans les dédales de l’entrepôt, on trouve une enfilade de stands consacrés aux cuisines du monde. Dans ce grand mélange de senteurs, difficile de distinguer ce qui fait la singularité des produits. Pas d’évitement possible, il faut goûter. Les samosas à la viande et aux épices des Indes sont un ravissement pour des palais… peu sensibles, car il s’agit là d’une cuisine aux saveurs de caractère. Liban, Congo, Cuba, tous les étendards des pays représentés flottent au grand air.

On s’enfonce un peu plus dans ce carrefour du monde, l’artère du festival apparaît massivement figurée par d’immenses chapiteaux blancs, quatre au total, et les scènes qu’ils abritent paraissent minuscules tant leurs cloîtres sont énormes.
Insuffler le tempo

En marge du festival, de nombreuses d’activités sont proposées. Parmi elles, l’atelier percussion implanté au beau milieu du Solidarity Village rassemble des percussionnistes de tout acabit. Il faut dire que le concept à tout pour amuser les foules. Des musiciens professionnels mettent à disposition des festivaliers des djembés, et improvisent avec eux un morceau. Ils insufflent le tempo, repris par les percussionnistes amateurs. Malgré les couacs et les dissonances, l’ensemble est agréable à l’oreille, et cela est dû à la maestria des joueurs de tam-tam et tabalas qui démontrent avec célérité que le rythme n’est que feeling et coordination. Juste derrière, une tente étrange s’invite dans le paysage, avec ses armatures noires et ses grillages. Une jeune femme est assise au beau milieu, et le panneau régularisation qui trône au-dessus de sa tête en dit long sur le dessein de cette animation. « Régularisez-moi », nous murmure-t-elle au passage. Devant un tel processus, nous voilà juge et partie. La régularisation par arbitrage du citoyen lambda… Couleur Café provoque le visiteur. Le festival revendique son altérité en conjuguant divertissement et réflexion. Un métissage de la pensée.

La soirée démarre en fanfare avec une troupe mobile qui déambule dans le grand village. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet Wanted, développé il y a trois ans afin de faire connaître au grand public de nouveaux groupes ou formations issues de Belgique, moins connues. Tintamarre et grosses caisses tiennent les spectateurs en haleine, avant l’entrée sur la scène Univers de Kery James, le rappeur français underground, que des centaines d’aficionados réclament. Premier couplet et la sauce prend déjà. Place ensuite à MC Solaar.

Marie Marconnet


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