The Rascals, triplette de fripons

Depuis Motörhead, on a, on l’avoue, une sympathie immédiate pour les trios anglais – qu’on ne se mettra pas en tête d’énumérer, même si Therapy ? (oui, oui, ce sont des Irlandais), Supergrass ou Little Barrie ne nous rappellent que des bons souvenirs.

Saluons donc comme il se doit l’arrivée dans le paysage musical d’un jeune trio de Wirral (péninsule du nord-ouest de l’Angleterre, non loin de Liverpool). Formé autour du chanteur et guitariste Miles Kane (cousin de James Skelly, de The Coral), du bassiste Joe Edwards et du batteur Greg Mighall, The Rascals vient de sortir un premier album vivifiant et pétaradant, Rascalize, hanté par des mélodies enlevées et presque pop, derrière une architecture sonore « philspectorienne ».

Après avoir papoté une bonne demi-heure avec Miles et Joe, on se dit que les Anglais ont bien choisi leur nom. « Rascal » signifiant, au choix, bandit, chenapan, coquin, filou, fripon, galopin ou vaurien.

On serait presque tenté d’ajouter « espiègle », tant la musique proposée par le trio l’est. Tout autant que la personnalité de son leader. « Il ne faut surtout pas se faire du souci pour nous, sourit Miles Kane après nous avoir quasi baisé les pieds à la vue de notre tee-shirt « Revolver ». Nous sommes super-contents de l’album, des réactions qu’il génère, et nous sommes impatients de partir en tournée. On risque de bien rigoler. »

Avec une moyenne d’âge de 20 printemps au compteur, The Rascals respire l’enthousiasme et la spontanéité. C’est cette même spontanéité qui, à l’image des douze chansons de Rascalize, est communicative.

Brillant compositeur, mais pas grande gueule pour un sou – ça nous change des jeunes coqs arrogants –, Miles est presque gêné lorsqu’on lui fait remarquer que l’album qu’il a enregistré avec Alex Turner, des Artic Monkeys, sous le nom de The Last Shadow Puppets (1) semble plus marqué de son sceau que de celui de son collègue. « J’étais sûr que tu allais m’en parler. Le problème, c’est que tout le monde me le dit, et ça me gêne vis-à-vis d’Alex, qui est un super mec. » Et d’ajouter, pour revenir aux éloges que suscite Rascalize : « On n’analyse pas, on se refuse d’intellectualiser. On a mis tout ce qu’on avait dans ce disque. C’est nous… »

The Rascals seront au Pukkelpop ce vendredi 15 août, de 19 h 55 à 20 h 45, au Club.

(1) The Last Shadow Puppets sera le 19 octobre au Cirque royal. Tout est déjà complet !

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Rascalize

Compositions inspirées, mélodies chevaleresques évoquant parfois Stan Ridgway, chouettes trouvailles sonores ou belles lignes de guitares : le premier CD du trio anglais sur lequel il faut compter a également des échos fifties et sixties, grâce à une production que pourrait apprécier Phil Spector. Peut-être pas album de l’année, mais déjà disque de l’été.

Deltasonic – V2.

MANCHE,PHILIPPE


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