Ça n’finira jamais pour Johnny

Johnny en 2003. Photo AFPSon album pour le 27 octobre et sa dernière tournée, annoncée ce lundi 6 à Saint-Etienne. Johnny, fidèle à lui-même, revient dans l’actualité.

Un TGV spécial  affrété de Paris pour Saint-Etienne, une conférence de presse barnum comme son agent, Jean-Claude Camus, aime tant les organiser… Johnny is back ! Dans un Zénith dessiné par l’architecte Norman Foster qu’il inaugure par la même occasion. Tout ça pour annoncer « Tour 66 », sa dernière (il l’a promis) tournée, qui passera par la Belgique, les 19, 20, 22 et 23 mai 2009, à Forest-National.

Mais avant cela, il y aura le 27 octobre, la sortie du nouvel album, intitulé Ça ne finira jamais, que nous avons pu entendre. Ce disque, produit par Philippe Uminski (qu’ont révélé Calogero et la Grande Sophie) n’étonnera pas grand-monde, même si, une fois de plus, son interprète a veillé à faire appel à de nouveaux auteurs-compositeurs, forcément hot.

Il y a, par exemple, Calogero qui signe la musique de la plage titulaire. Livrant une mélodie typiquement « Johnny » dans sa dramaturgie pompeuse. Raphael, lui, livre une ballade qui lui ressemble (« Je n’appartiens qu’à toi »), alors que Francis Cabrel, dont Johnny avait repris « Sarbacane » sur son précédent opus, se plie à un exercice rock’n’roll  fait sur mesure pour l’ancienne idole des jeunes (« Je m’arrête là »). On préfère d’ailleurs le texte à la musique poussive. Didier Golemanas se taille la part du lion avec pas moins de quatre chansons sur treize, dont il signe seul texte et musique. Là aussi, on frise parfois l’auto-parodie : difficile de faire abstraction du monstre interprète. « Emily », une ode à Emily Dickinson, mérite le déplacement.

Une autre star inattendue ? Grand Corps Malade quitte les rives de son style fleuve pour l’occasion et rentre dans le rang. David Hallyday y a mis une musique accrocheuse qui en ferait un bon single (« Si mon cœur »). Une autre star 2008 ? Christophe Maé bien sûr qui y va d’un « Etreintes fatales » écrit par André Rodriguez. Fred Blondin, Léna Ka, Hesme et Mattéi (sur les femmes qui se battent, « C’est pas une vie ») complètent cette sage équipe de pourvoyeurs de chansons, en plus de l’adaptation française (par Pierre Delanoë) du célèbre « Unchained melody, en duo avec Joss Stone.

De cet ensemble « made in L.A. » se dégage une impression mitigée, tellement tout ce petit monde, à quelques exceptions près, semble avoir été vampirisé par Johnny. S’il s’agissait pour le mythe français de livrer une sorte de résumé de son genre musical, en accord avec le thème « 66 » de la tournée, on comprend mieux. Cela ne choquera évidemment pas une fois incrusté parmi les nombreux vieux tubes attendus dans le répertoire de cette dernière tournée. Car Johnny l’a dit : il raccroche, lui qui vient de fêter, le 15 juin dernier, ses 65 ans. Sage décision que celle-là, même si, à l’instar d’Aznavour,  ne plus faire de tournée ne l’empêchera pas, exceptionnellement, d’encore se produire sur scène. On en a vu d’autres !

THIERRY COLJON

Johnny Hallyday, Ça  n’finira jamais (Album Warner). Sortie le 27 octobre.

Infos sur www.johnnyhallyday.com

Concerts les 19, 20 (ces deux concerts sont complets), 22 et 23 mai 2009. Infos réservations sur www.sherpa.be (tickets à 88 euros, frais compris).


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