Iggy Pop enchanteur de charme

Pour écrire « Préliminaires », son nouvel album, l’Iguane s’est inspiré de « La possibilité d’une île » de l’écrivain français Houellebecq.

Entretien

On ne vous fera pas l’injure de vous présenter Iggy Pop qui, avec ses séminaux Stooges, a marqué au fer rouge l’histoire du rock et qui reste une des plus grandes bêtes de scène du circuit. Après la décharge électrique envoyée lors de la reformation des Stooges, James Osterberg (pour l’état civil) calme le jeu (momentanément) avec son Préliminaires de nouvel album. Le 26 mars dernier, dans les salons d’un palace parisien, Iggy accueillait la presse pour tailler le bout de gras.

L’esprit de ce nouvel album rappelle celui de « Avenue B » où certaines chansons sont nées de thèmes composés spécialement pour la bande originale du premier long métrage de Johnny Depp, « The Brave ». Aujourd’hui, « Préliminaires » affiche au menu quelques morceaux qui ont vu le jour lorsque vous avez écrit la musique d’un documentaire sur Michel Houellebecq

C’est vrai. J’adore ces plages d’aération en musique. C’est un peu le même chemin. Quant au disque, il est arrivé un peu par accident. J’ai lu le livre de Michel, en 2007, dans un vieil hôtel de bord de mer en France et je me suis dit : « Ce motherfucker sait écrire ! » J’ai reconnu certains de mes traits dans son écriture et, du coup, j’ai eu envie de lire ses autres romans. Tout s’est enchaîné.

Vous aviez des consignes particulières de la part du réalisateur du film sur Houellebecq ?

J’ai eu carte blanche. Au début, je souhaitais écrire juste à la guitare acoustique, avec un micro, et ça a commencé à prendre forme, mais personne ne m’a plus demandé quoi que ce soit, alors j’ai continué à écrire, énormément, dans une petite cabane. Grâce à internet, j’ai même envoyé des bandes à d’autres musiciens qui ont continué à élaborer des chansons sans moi, et c’était cool. Je les imaginais comme une bande d’affreux barbus mais, quand je les ai rencontrés, ils se sont avérés des Américains en bonne santé.

« Préliminaires » possède une connotation et une couleur très françaises. Comment les publics anglo-saxons ou autres percevront-ils cet album ?

Les Japonais sont francophiles, les Coréens ne sont pas vraiment les plus ouverts et il y aura sans doute un Italien qui me demandera : « Pourquoi ne chantes-tu pas en italien ? »

Dans la vidéo qu’on retrouve sur votre site internet, vous vous dites « fatigué des guitares ». Un rapport avec le décès de Ron Asheton, le guitariste des Stooges ?

Non, l’album était fini avant que Ron ne décède. Pour mon plaisir personnel, j’écoute Louis Armstrong, Miles Davis, la musique marocaine des Gnaouas – et parfois Léo Ferré, Juliette Greco ou Serge Gainsbourg.

Vos projets immédiats ?

Je vais retravailler cet automne avec Marjane Satrapi. J’ai un projet en Allemagne qui s’appelle « A century of songs ». J’ai aussi quelque chose sur le feu, qui va sortir, avec Danger Mouse. Ah oui, j’ai encore cinq chansons des « Frères Asheton », aussi, que j’aimerais exploiter. J’ai déjà travaillé sur deux morceaux. A part ça, il n’est pas prévu que je tourne avec mon nouvel album.

PHILIPPE MANCHE

http://www.iggypop.com/


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