Babylon Circus voyage en musique

babylon_circus.jpgPlus de 1.000 concerts pour Babylon Circus depuis bientôt quinze ans. Une trentaine de pays visités : de l’Australie à la Syrie. Et partout, à Melbourne, Damas, Valence, Bruxelles, Cologne ou Detroit : des publics métissés heu-reux, à la sortie de salle. Avec son cocktail de reggae/ska/rock/chanson, la tribu originaire de Lyon retourne tout sur son passage avec un credo efficace hérité des Clash et de la Mano Negra : générosité et sincérité !

Rencontre avec David et Manu, les deux piliers du cirque de Babylone, il y a quelques mois, lorsque La belle étoile, quatrième album fédérateur, venait de sortir.

La réussite de Babylon Circus est de s’être imposé par le bouche-à-oreille en jouant à mort et partout. Il n’y a pas d’autres alternatives ?

Le but, depuis la formation du groupe en 1995, c’est de voyager en musique. On voulait quitter nos vies pas toujours marrantes. On a acheté un camion avant une sono. On a enregistré une démo parce qu’on en avait besoin d’une. La démarche de faire des disques s’est imposée avec le temps.

« La belle étoile » est clairement un disque de chanson. Ce qui était moins le cas de vos précédents disques. Pourquoi ?

Par souci d’une certaine proximité avec les gens. Pour parler à l’oreille des gens et poser les mots avec des petites choses plus posées, intimes et douces. Le premier album de Manu Chao est très posé et sur scène, c’est le jour et la nuit et pourtant, l’émotion reste la même. C’est comme ça qu’on a voulu penser ce disque.

Certaines personnes font de la musique pour fuir les réalités du quotidien, Babylon Circus, c’est plutôt le contraire…

On peut très bien avoir la tête dans les nuages et les godasses sur le pavé. Choisir, c’est renoncer et nous, on ne peut pas renoncer. On peut parler par images, amener d’autres visions du monde qui seront toujours une photo de l’instant. C’est en ça que le rêve est important. Il faut stimuler l’imaginaire. Nous, on écrit une chanson. Nous sommes des raconteurs d’histoires mais on ne raconte jamais la fin. Je n’aime pas qu’on me dise : « Pense ça ! », comme lorsque je regarde le journal sur TF1.

On évoque « La belle étoile » comme votre disque le plus fédérateur à ce jour. Capable de séduire les fans de Tryo comme ceux de Sensimillia. Ça vous va ?

C’est plutôt flatteur. On peut jouer dans des fêtes de village comme dans des grands festivals.  Quand tu joues en Syrie et que tu croises un petit vieux qui n’a plus d’âge ni de dents et qui te prend dans ses bras à l’issue du concert, tu vis quelque chose de fort. C’est là où tu vois le vrai rôle social de la musique parce que tu donnes un petit moment de rêve ou de liberté même si elle n’est qu’imaginaire.

La naïveté, c’est aussi un moteur ?

Parfois, j’ai l’impression d’être à la fin d’une civilisation. Le langage s’appauvrit, les gens n’ont plus de boulot et ça devient n’importe quoi. Et d’un autre côté, je me dis qu’il y a de l’espoir parce que la terre n’est quand même pas peuplée uniquement de crétins. Faut pas exagérer ! Je pense qu’il faut d’abord renforcer le tissu social.

La réussite de Babylon Circus, c’est aussi parce que vous n’avez jamais perdu vos rêves de vue ?

La vie, c’est une histoire de chance, de rencontres que tu fais ou pas et notre vie à nous est due à plein de hasards et à une bonne étoile.

Il y a longtemps, nous sommes partis en Irlande comme référents sur un projet social avec de vrais cas sociaux et la finalité, c’était de monter un spectacle. C’est une petite fierté parce qu’on en a côtoyé des gens comme ça.

Album La belle étoile (Akirira ; distrib. Rough/Trade).

Babylon Circus en concert ce vendredi 26 juin à Couleur café, 18 h 30. Le groupe sera également le 12 juillet au Cactus Festival à Bruges, le 17 juillet au Dour Festival et à l’Ancienne Belgique le 27 novembre 2009.

Infos. www.couleurcafe.be

PHILIPPE MANCHE


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1 commentaire

  1. fabriceclaes

    26 juin 2009 à 14 h 12 min

    Je suis curieux de les voir à l’oeuvre ce soir. J’espère que la performance sur scène contrastera avec l’album. J’aimais beaucoup Babylon Circus quand ils étaient plus ska/reggae. J’espère qu’ils ne cesseront pas de l’être sur scène…

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