Mickey s’évade dans son monde merveilleux

30_mickey3d21.jpgUn putsch de Mickaël Furnon au sein de Mickey 3d ? Révolution de velours : sa « Grande Evasion » reste dans le ton qu’on lui connaît.

Le dernier album de Mickey 3d, Matador, date de 2005. Mickaël Furnon, deux ans plus tard, publiait son premier album solo, sous le nom de « Mick est tout seul ». Et voilà qu’il revient aujourd’hui, sous le nom de Mickey 3d… mais sans ses partenaires. Allez comprendre !

« Le disque solo, je l’ai fait pour moi, nous a expliqué Mickaël. Il n’était pas destiné à être publié mais ma firme voulait le sortir. J’ai juste laissé faire… Ici, j’ai commencé à faire le disque tout seul, avant de faire appel à des amis et de me rendre compteque c’était du Mickey 3d ! Donc voilà. Il y a tout de même trois chansons écrites avec Najah, sur le disque. On est restés très proches même si on ne se voit plus beaucoup : elle voyage beaucoup, fait des études de science du langage. Et les autres ont leurs projets. Le temps passe, et la vie sépare les gens. » Mickaël a toujours l’air très désabusé. C’est sa façon de s’exprimer, affalé dans le divan. Il a l’air de ne jamais s’énerver, de tout prendre très calmement. Même quand il fait allusion à Sarkozy dans « Playmobil » : « C’est plus une analyse psychologique qu’un constat politique. J’avais envie de raconter l’histoire d’un enfant mal dans sa peau, qui veut se venger. C’est un peu ironique, pas méchant. »

Dans ce nouvel album, l’enfance, une fois de plus, est très présente : « Oui, je sais, c’est comme ça sur tous mes disques. Je ne sais pas pourquoi. Je n’ai pas d’enfant, non. Mais j’habite en face d’une école. Et je me dis encore souvent : je verrai quand je serai grand. J’ai l’impression que j’ai actuellement d’autres choses à faire… qu’un enfant. Je suis trop égocentrique pour le moment. » Egocentriste ? Mickaël sait malgré tout bien s’entourer. Comme le prouve le duo « L’homme qui prenait sa femme pour une plante », avec Cécile Hercule : « Je l’ai découverte il y a deux ans sur son Myspace. Elle est de Lyon. J’ai eu envie de lui donner un coup de main. Elle a son groupe. Elle fera la première partie des concerts de Mickey 3d, et c’est son groupe qui m’accompagnera. »

Une évasion vers la légèreté

La grande évasion, au-delà de l’allusion au film avec Steve McQueen, signifie, pour Mickaël, son envie et son besoin de s’évader avec de petites fictions, de la poésie, quelque chose de plus léger que par le passé. « Avant, mes chansons étaient très citoyennes. Ici, le disque est moins intérieur. Je me suis plus tourné vers l’extérieur, avec des histoires pas ordinaires – je dirais : à l’inverse d’un Bénabar, sans vouloir être méchant avec lui. Même si je parle de moi dans “1988”. “Paris t’es belle”, ça vient simplement d’un jour où j’y étais, il faisait beau, les filles étaient belles. Je n’ai pas réfléchi plus loin. “Montluçon”, c’est plus une histoire d’amour glauque dans une ville glauque. Moi, je vis à Montbrison, ça m’a permis de terminer par une petite pirouette. »

Mickaël ne semble pas avoir très bien vécu le succès de « Tu vas pas mourir de rire », et qu’il en soit loin aujourd’hui ne paraît pas non plus le déranger des masses : « On a disparu après, parce qu’on a tourné durant plus de deux ans. On n’en pouvait plus. Mais ce n’est pas grave si on nous oublie, c’est la vie. Ça ne veut rien dire “être présent”. Si les gens ne veulent plus de nous, on ne peut rien y faire. »

Mickey est resté chez EMI (« Parce que j’ai un contrat que je dois respecter. Je leur en dois encore un ou deux avant la retraite »). L’an dernier, il a refilé des chansons à Emma Daumas, Mareva Galante et Babylon Circus : « L’exercice me plaît. c’est une des facettes du métier qui est agréable. Ça permet de sortir de soi, et de découvrir d’autres choses. »

La grande évasion

Mickaël Furnon a, de fait, réalisé un album très Mickey 3d dans le son et le ton, avec de ces petites histoires fantastiques toujours très bien torchées. Même s’il est dorénavant entouré de nouveaux partenaires, rien, dans ce disque, n’est là pour nous désorienter, sinon la jolie voix de Cécile Hercule dans « L’homme qui prenait sa femme pour une plante ». Il faut ici prendre le temps d’entrer dans son monde magique, où les enfants croisent toujours d’étranges personnages (entre autres, une fiancée galactique et une footballeuse de Sherbrooke et « La fille du cannibale »), des arbres et des escargots. T.C.

EMI. Concert au Théâtre 140, le 5 novembre. Infos : www.theatre140.be

http://www.mickey3d.com/

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THIERRY COLJON


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