Jacno meurt à 52 ans

Le musicien Denis Quillard, dit «Jacno» en raison de sa consommation effrénée de Gauloises, qui avait fondé en 1976 avec Elli Medeiros les Stinky Toys, l’un des tout premiers groupes de la scène punk française, est mort d’un cancer à l’âge de 52 ans. Jacno qui, après la dissolution de son duo avec Elli, se consacrait à la production, avait encore enregistré quelques albums solos.

La maison de disques Warner France, chez qui Jacno avait enregistré son dernier disque “Tant de temps” en 2006, a confirmé le décès de l’artiste survenu dans un hôpital parisien, selon l’une de ses proches. La date de ses obsèques n’était pas encore fixée, a indiqué cette source.

Né à Paris le 3 juillet 1957, Denis Quillard a passé son enfance à écouter Mozart, Chopin ou Satie avant de découvrir le rock grâce aux succès des Who et des Rolling Stones, et d’apprendre la batterie et la guitare. Il rencontre Elli Medeiros au lycée Charlemagne, où il était surnommé “Jacno” en raison de sa consommation effrénée de cigarettes Gauloises, Marcel Jacno étant le nom du graphiste auteur du casque ailé imprimé sur les paquets. Ils créent ensemble le groupe de rock parisien les Stinky Toys (les Jouets Puants) – un jeu de mots sur les Dinky Toys, célèbre marque de voitures miniatures -, des fêtards qui interprètent sur scène des chansons de David Bowie, des Stones ou des Who, ainsi que leurs propres compositions.

Edité fin 1977 chez Polydor, leur album “Stinky toys” se vend mal et deux ans plus tard Jacno enregistre seul l’instrumental “Rectangle”, des mélodies au synthétiseur popularisées par le cinéaste Olivier Assayas qui les intègre à la bande originale de son premier moyen métrage, “Copyright” (1980).

Puis le duo Elli et Jacno enregistre deux albums, “Tout va sauter” (1980) et “Boomerang” (1982) et participe à la composition de la bande originale du film “Les nuits de la pleine lune” (1984) d’Eric Rohmer, avant de se séparer.

Jacno se consacre ensuite davantage à la production, réalisant des titres ou des albums pour des artistes tels que Pauline Lafont, Lio, Etienne Daho, Daniel Darc ou Jacques Higelin et plus récemment Paul Personne et les Valentins. En tant qu’interprète, il a publié une série d’albums solo dont “T’es loin t’es près” (1988), “Une idée derrière la tête” (1991), “Faux témoin” (1995) et “De la part des anges” (1999).


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9 Comments

  1. PabloElFlamenco

    7 novembre 2009 à 1 h 35 min

    Quote—Unquote

    “cancer à l’âge de 52 ans”
    “Gauloises”

    QED

  2. AdamJ

    7 novembre 2009 à 2 h 13 min

    Je me souviens de mes lectures adolescentes d’ “Actuel” de Bizot et consorts. Et je trouve que votre nécro manque de souffle… pour les fans de musique de la génération “Actuel”, Jacno était quelqu’un d’à part… un instrumentaliste à la fois génial et maudit…

  3. joelapompe

    7 novembre 2009 à 7 h 27 min

    Rectangle, c’est pas le film d’Assayas (que personne n’a vu) qui l’a popularisé, c’est la pub Nesquick!!!

  4. Groquick

    7 novembre 2009 à 13 h 12 min

    Oui, d’ailleurs, rendez-nous Groquick! On en a une énorme envie!

  5. chipito bernardez

    7 novembre 2009 à 14 h 53 min

    Il est mort, c’est donc un génie.

  6. joelapompe

    8 novembre 2009 à 0 h 25 min

    Un pionnier, en tous cas, tant dans le punk que l’electro.

  7. Francis

    8 novembre 2009 à 14 h 22 min

    On peut trouver ridicule d’en faire un génie parce qu’il est mort mais ce serait dommage de dénigrer ses talents… pour ceux qui aiment ça, qui ont un peu d’imagination, et si en plus on aime la musique électronique…

  8. Bouhière

    8 novembre 2009 à 15 h 04 min

    Et voilà, on est tous depuis vendredi des amoureux solitaires
    Vive Jacno

  9. Chasseur Immobilier

    11 novembre 2009 à 3 h 49 min

    RIP

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