Hip-hop guérisseur

14_pitcho.jpgLes Sessions Urbaines qui débutent ce soir au Botanique, ce sont trois séries de prestations inédites, et autant de thèmes illustrant la créativité des rappeurs et slameurs du Royaume. Parmi eux, Pitcho, qui renoue avec le stylo, le papier et le micro Résultat : un nouvel et bel album, « Crise de nègre », évoquant le parcours humain du rappeur né à Kinshasa en 75.

Thème central : l’Afrique, notamment au travers de textes lucides où il est autant question de ce que les Africains peuvent faire pour eux-mêmes que de guerre.

Dans un texte comme « Par nécessité », vous dites : « J’ai commencé sans penser au financier ». Cet album-ci est loin d’être pauvre !

J’ai surtout essayé de faire confiance aux rencontres et à ce que je ressentais. Chaque jour, quand j’entrais en studio, je me posais la question de savoir pourquoi j’étais là, pourquoi j’écris du rap. C’est un besoin. Quand on sait pourquoi on fait les choses, on trouve l’équilibre entre la forme et le fond. Mais ce qui doit primer, c’est l’envie de raconter. J’ai donc juste essayé de faire quelque chose qui me corresponde.

L’envie de revenir au rap s’est faite plus pressante au fil des représentations théâtrales ?

Quand j’ai commencé à rapper, j’étais très influencé par des gens comme Public Enemy, Kool Moe Dee, KRS One, Run DMC… Des gens engagés socialement. Ensuite, j’ai eu la chance de voyager en Afrique. Via le hip-hop d’abord, puis avec le théâtre. Sans le chercher, toutes les pièces que j’ai jouées parlent de l’Afrique. Je suis entré là-dedans d’abord par défi, puis avec l’envie de connaître mes racines. Comme je suis quelqu’un qui croit aux signes, je me suis dit que si ce côté africain revenait toujours, c’est que j’allais devoir faire quelque chose avec.

En quoi le hip-hop a-t-il guéri votre « crise de nègre » ?

La culture hip-hop et le rap sont venus à mon secours. Voir des gens comme Chuck D (de Public Enemy) ou même Spike Lee, via lesquels j’ai pu connaître le travail de Malcolm X et de Martin Luther King, ça m’a donné l’espoir, l’envie de me dire qu’on peut bouger, y arriver. Il faut juste essayer de comprendre les choses, même aller jusque dans le pardon. Si je l’ai qualifiée de « crise de nègre », c’est parce que pour moi, c’est un voyage. J’y suis passé, j’en suis sorti. Mais je ne pouvais pas en parler étant encore dedans, parce que je n’avais pas toutes les armes nécessaires, et puis j’aurais clairement été dans un jugement, une victimisation horrible qui ne fait pas vraiment avancer le schmilblick.

Lire aussi : Les sessions urbaines au Bota

« Crise de nègre », Munich Records (le 18 janvier).

http://www.myspace.com/pitchomusic 

Sessions Urbaines
Les 14, 15 et 16 janvier, Botanique, 20h.
Infos : 02/218.37.32, www.botanique.be et www.lezarts-urbains.be.
Tarif : de 5 à 12€.

DIDIER STIERS

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