Dobet et Manou en version club

gallo.JPGL’ABClub accueillait lundi soir les deux chanteuses ivoiriennes qui avaient également en commun de présenter leur troisième album. C’est la plus jeune enfant d’Abidjan, Dobet Gnahoré, qui ouvrait pour sa « grande sœur » comme elle dit, Manou Gallo.

Entourée de son mari guitariste français, de son bassiste belgo-mauricien et de son batteur togolais, Dobet occupe vite toute la scène, dégagée pour lui permettre de danser. C’est qu’elle sait tout faire, Dobet. Elle chante et danse l’Afrique, ses nombreuses langues, ses combats quotidiens, ses rêves d’un meilleur avenir, ses traditions aussi. Le public est vite conquis par l’artiste qui parvient à extérioriser des émotions fortes aux thèmes humanistes que Dobet précise au moment de présenter ses chansons. La cohésion du groupe, balisée par une rythmique on ne peut plus dynamique, est parfaite. En une heure, Dobet livre toute l’étendue de son univers à la fois profond et exubérant. Elle réussit ainsi à faire chanter le public qui remplissait aisément le Club, même qu’il aurait aimé avoir autant de place que la chanteuse pour pouvoir l’accompagner dans ces chorégraphies défoulantes. Ce qui ne l’a pas empêché, à la fin du set, de faire la file pour se procurer l’album Djekpa La You que dédicaçait l’artiste à même la salle. Plutôt bon signe !
Après une telle performance énergétique, il n’est pas facile de passer. C’est pourtant ce que devait faire Manou Gallo entourée, pour sa part d’une véritable armada féminine, en la personne d’une guitariste, d’une violoncelliste et d’une choriste percussionniste issue, comme elle, de Zap Mama. Il n’y a pas lieu de comparer les deux chanteuses ivoiriennes, dans la mesure où leur personnalité est très différente. Même si l’Afrique en général et la Côté d’Ivoire en particulier, sont une source d’inspiration commune permanente. La bassiste a vite réussi à installer une belle ambiance familiale, même si une partie significative du public n’est pas restée pour l’écouter. Malgré quelques petits soucis techniques et son plaisir de dialoguer avec son public qui ont rendu sa performance un peu décousue, Manou et son groupe ont fait preuve d’un grand professionnalisme et d’une richesse mélodique qui ont fait mouche.
Voici deux artistes produites en Belgique qui sont maintenant parées pour faire le tour du monde et nous revenir cet été à Couleur Café (pour Manou) et à Esperanzah (pour Dobet). THIERRY COLJON


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