62TV : l’esprit Big Lebowski

logo-62tv.jpgEn 1995, un petit label indépendant voit le jour à Bruxelles, avenue Théodore Verhaegen. Au 62, dans les locaux du studio First Floor. La semaine passée, ce même label fêtait son quinzième anniversaire au cours des Nuits Botanique.

Pas de gâteau pour les invités, mais des chips et de la bière, dans les backstages du Bota, le 11 mai à l’occasion d’une Nuit Belge aussi bondée que festive. Le lendemain, Pierre Van Braekel évoquait avec nous les 15 ans de 62TV… malgré la fatigue.

Qu’est-ce que ça inspire, tout ce monde attiré par la Nuit Belge ?
C’est tout con à dire, mais ça fait vraiment plaisir. De voir des gens que tu connais, que tu aimes bien, et qui eux-mêmes font en sorte que des gens aient envie de venir les voir. Pour le reste, c’était une fête réussie, avec des gens sympathiques. Et les concerts que j’ai vus étaient tous bons, pour moi. Donc ça ne fait que plaisir.

A titre personnel, que représente ce quinzième anniversaire ?
Je pense à Nico Hammiche, parce qu’il était à la base du projet, que c’était un mec bien et qu’il est mort. Nous étions plusieurs, il y avait Philippe (NDLR : Decoster), il y avait Nico et moi. Ça, c’est à titre perso. Je ne peux pas oublier parce que je n’oublie jamais ce genre de choses.

Pourquoi lancer un label ?
En gros, parce que celui-là n’existait pas et qu’il a pu servir à des groupes. Je pense à Mad Dog Loose, PPz30 au tout début. Mad Dog Loose, c’est quand même une super histoire, PPz30 aussi. Il y a eu toute l’évolution, un peu de créativité mais surtout du bon sens. C’est comme un boulanger qui se lève tous les jours et qui fait du pain : en principe, après 15 ans, il y a des clients qui reviennent acheter du pain chez lui. C’est un artisanat ! Mais il faut être tenace, ne pas lâcher…

Tout a débuté dans les locaux du First Floor…
C’était une ambiance particulière… Je me souviens de concerts : Dominique A qui vient jouer, dEUS qui vient jouer en acoustique alors que le groupe est au sommet… Toute la fourmilière du First Floor était une aventure assez exceptionnelle.

La découverte de Girls In Hawaii en constitue une étape importante, non ?
Clairement ! On reçoit un jour un petit CD-R, on rencontre deux gars timides, après on réalise… Et il y a toute l’aventure puisque je suis devenu leur manager, et donc là on est tout le temps en contact. Voilà pour ce qui me concerne, mais l’histoire de 62TV – bon, c’est du name dropping -, mais c’est aussi les Tellers, encore une autre étape. Et avant ça, il y a eu des pépites, des petits groupes…On a signé des titres de Matt Ward, enfin She & Him, des titres de Bright Eyes, c’est quand même aussi plutôt pas mal… On a signé des Japonais : Ex-Girl. On a signé des Hollandais : John Wayne Shot Me. Des Français, avec Paloma. Ça fait drôle de mentionner tous ces noms… Ensuite, il y a les groupes actuels, ceux qui ont joué à la Nuit Belge. Et puis, il y a eu aussi la création de 30 Février, qui fait partie de 62TV, et qui est juste le résultat de ma passion pour la chanson française (NDLR : sans oublier Nada, agence de booking et de management). Voilà, c’est ça le cheminement. Et les émotions.

Le prochain cap ?
Continuer à réussir ce qu’on fait en Belgique, c’est très bien. Et continuer à l’export, franchir un cap au niveau de la notoriété du label mais surtout de ses groupes à l’export, ça, ce serait la dernière étape. L’album des Tellers qui sort en septembre sera une vraie étape aussi. Et puis, c’est très con à dire aussi, mais continuer à m’entendre avec tous ces gens… On travaille pour eux, ils travaillent pour nous, on travaille ensemble. De fait, il y a un marché, un business, mais nous sommes vraiment attachés à la cool attitude. C’est-à-dire bien faire les choses, mais avec un état d’esprit Big Lebowski. Je crois que Philippe sera d’accord avec moi. On sait que c’est un business, qu’il y a des jours où on ne dort pas beaucoup et qu’il faut continuer, comme dans tous les business du monde. Mais le nôtre, c’est quand même de la créativité avec des gens bien. La cool attitude, c’est ça : l’état d’esprit. Et l’envie.

Le public belge est-il assez chauvin par rapport à « ses » groupes ?
Ah, le truc du « rock belge »… Quand il y a trop d’identitaire, on dit « attention ». Identitaire veut dire fierté nationale ou régionale ; quand il n’y en a pas assez, on dit « oui mais, nous les Belges… » Mon idée, c’est que quand on fait plus de 2.000 personnes dans une soirée, pas chère mais payante quand même, on est en droit de se dire que c’est pas mal. Je trouve qu’il y a de quoi être un peu fier. En même temps, il y a d’autres groupes sur d’autres labels qui font d’autres bonnes choses. Je ne suis pas fier que de ce que nous faisons.

Didier Stiers

Info: 62TV Records.


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