Fin de vendredi très hip hop

Abraham Inc. feat. David Krakauer, Fred Wesley & Socalled, c’est un mélange de clarinette klezmer (la musique traditionnelle des juifs ashkénazes), de funk, de soul et de hip hop. Le Peuple de l’Herbe, c’est tout autant un melting-pot, avec une trompette et un sampleur fou pour mener la danse. Point commun : chez les Américano-canadiens comme chez les Lyonnais, on rappe plutôt beaucoup. A Esperanzah!, la journée de vendredi fut d’ailleurs pas mal rap…
 

Fred Wesley est tromboniste à la base. C’est aussi un pionnier du funk dont la route a croisé celle du godfather James Brown mais également de Bootsy Collins et Parliament. Pas forcément incompatible avec de la clarinette, tout ça, et pas hétéroclite non plus. D’autant que tout ce petit monde se fréquente depuis un moment. Sur la scène Côté Jardin, on se retrouve alors face à une sorte de big band, du style de celui qui encadrait feu Jaaaames, justement. Grosse section rythmique, des cuivres encore, un sampleur, des guitares et on en passe. Souvent joyeux et exubérant, avec un duo de rappeurs pas en reste. Et si la clarinette de David Krakauer grimpe dans les aigus le temps d’un long solo un peu crispant mais qui se termine sur les cris du public, ces deux rimeurs apportent eux aussi leur touche perso à l’ensemble. De l’humour, notamment, avec Socalled, tignasse de Professeur Tournesol, lui aussi tombé dans la musique klezmer il y a des années. Au final : pas exactement renversant, parfois un poil convenu en termes de show (genre : « And now, laaadies and gentlemen… »), mais en même temps assez hors des sentiers battus que pour capter l’attention.

Cent et cinq minutes plus tard, on se retrouve Côté Cour avec Le Peuple de l’Herbe. Une cour noire de monde, jusque sur les murs d’enceinte, noire de ceux qui aiment, et de ceux qui redescendent du Jardin où tout est fini. Tout ça génère un va-et-vient constant, quelques marchages sur les pieds et autres collisions de coudes fortuites… Pendant ce temps, les Lyonnais balancent « Sexual Attraction ». N’Zeng et sa trompette sont rejoints par une voix féminine de bon conseil : « Détendez-vous, soyez patients… » Le rythme flirte avec la drum’n’bass : ça ne va pas être facile de ne pas bouger. Et de fait, on voit partout des têtes qui dodelinent, des hanches qui ondulent, des bras qui se lèvent. Le temps d’une respiration (« Ph theme ») et c’est reparti, avec les voix de JC001 et Sir Jean qui s’emballent en ragga sur « Look up ». Le sampleur puise dans ses trésors : « There is no escape »… C’est en tout cas ce qu’ont dû se dire ces trois jeunes gens assis au beau milieu de l’allée qui redescend vers la sortie, pile devant l’accès à la cour. Dommage pour eux : c’est à ce moment-là que débute un voyage dans la musique des années 80… par les biais de rythmiques et de percussions signées JC001, un fabuleux beatboxeur ! Ce phénomène s’offre même un détour par une cérémonie tibétaine, un peu de gabber et les basses profondes de la jungle. Mortel !

Didier Stiers

www.abrahamincmusic.com

www.myspace.com/lepeuple


commenter par facebook

répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *