Le Brussels Summer Festival s’offre un soir de hip hop

La soirée hip hop, la seule de ces dix jours. Avec Gandhi et Pitcho côté Belgique, Hocus Pocus côté France, les organisateurs ont assuré en même temps que joué la qualité. Gandhi, c’est un album, Le point G, qui frappe juste et fort.

Pour l’occasion, c’est aussi un groupe au complet, avec guitare, basse, batterie, claviers, choristes et DJ Substance pour scratcher. C’est rap, oui, mais avec de la soul et du r’n’b dedans. Le flow est identifiable entre tous : lent, ton un peu plaintif, ça accroche l’oreille, comme « Ceux et celles » et ses rimes appuyées. Là où le garçon, autre promesse du rap made in Belgium, gagnerait en accroche, c’est en s’interrompant moins souvent. En évitant parfois les « Hey, on dirait que vous ne connaissez pas le morceau ! »

Le voyage se poursuit… Avec Pitcho, qui monte sur scène accompagné, lui, par un dj et un batteur. « On va célébrer ». L’intro est toute trouvée, c’est aussi celle de l’excellent Crise de nègre. À ses pieds, il y a cette fois beaucoup de monde. Le son, par contre, est toujours un peu parasité par cet écho dû aux façades environnantes.

« On peut trouver l’inspiration partout » assure le rappeur/slammeur/acteur de Schaerbeek. La preuve quand il explique d’où lui est venu « Anges noirs ». D’une chanson entendue à la radio, interprétée par… Dalida. « Bon, j’ai un peu honte, confesse-t-il, mais écoutez bien les paroles. » Son dj envoie le début du disque de 69, puis Pitcho enchaîne avec sa version. Il s’amuse, manifestement. Encore que, « Nous », toujours extrait de Crise de nègre, ne soit pas exactement un texte rigolo. Retour dans la rue ensuite pour « Usual suspect », dont il balance le texte sur fond de Rage Against The Machine puis de Body Count. Oui, on peut faire de la poésie et y mettre du muscle.

Mardi matin, les organisateurs du Brussels Summer Festival annonçaient 80.000 personnes pour les quatre premiers jours. Et ce, insistaient-ils, malgré une météo peu agréable. De fait : lundi soir, la pluie a obligé les Tellers à écouter leur set, Renan Luce se produisant pendant 90 minutes devant un public détrempé.

Ce soir, les Liégeois de My Little Cheap Dictaphone occuperont la scène de la place du Musée, tout comme les Français de Skip The Use et la Suisse Sophie Hunger. Au Parc s’ouvrira la deuxième des Nuits Manouches.

Infos : www.bsf.be

DIDIER STIERS


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