Les sorties rock et variété de la semaine

Mylène Farmer Bleu noir *** – Kanye West My beautiful dark twisted fantasy * – Take That Progress * – Rumer Seasons of my soul * – The Bewitched Hands Birds & Drums *

Mylène Farmer, Bleu noir ***

Pour ce huitième album, il était temps que Mylène sorte un peu de ce doux ronronnement musical qui ne nous excitait plus que sur scène. Exit donc Laurent Boutonnat et welcome Moby (six titres), Darius Keeler d’Archive (trois mélodies) et RedOne, alias mister « Poker face » pour la Gaga (deux chansons).

Sacrée triplette internationale qui bouscule les sonorités habituelles de la star française tout en préservant son style inimitable. Car la belle garde la main sur les textes et ses obsessions mille fois ressassées (comme Dieu, mon dieu que c’est long/ Mon cœur sous X dans l’excellent « Oui mais… non » de redOne). On reconnaît par ailleurs la patte de Moby dans laquelle se fond une Mylène qui se fait chatte (ah, les photos sexy de Nathalie Delépine…). Les trois univers mélodiques ne font qu’un : c’est à la fois différent et familier, là est le tour de force de Mylène qui, par ailleurs, continue de fréquenter les gens puisqu’on la retrouve avec Ben Harper sur l’album de reprises d’INXS et en duo sur le nouvel album de Line Renaud. Décidément, la Farmer en fréquente du beau monde ces derniers temps… *Universal.

Kanye West, My beautiful dark twisted fantasy *

C’est son disque le plus ambitieux que publie Kanye, sous la forme d’un conte sombre, d’une gravité basée sur un ton détaché, des featurings variés (Jay-Z, Kid CuDi, Bon Iver, John Legend…), des samples fous (King Crimson, Manfred Mann, Rick James, Smokey Robinson, Gil Scott-Heron…), des arrangements fouillés et une vision noire de l’avenir de l’Amérique. Fini de rigoler, les mecs ! Def Jam-Universal.

Take That, Progress *

Complètement largué par le succès, Robbie Williams se dit qu’un petit retour aux sources, avec le groupe qui l’a fait connaître, ne peut pas lui faire de mal. Nous, on veut bien mais à écouter le résultat – mou du genou pour ne pas dire sans inspiration – on n’est pas sûr qu’il se porte mieux. Barlow, Donald, Orange et Owen ne semblent guère lui être d’un grand secours tout au long d’un disque soporifique. Polydor-Universal.

Rumer, Seasons of my soul *

Une voix à la Karen Carpenter, des arrangements à la Burt Bacharach, des mélodies limpides comme seule Carole King en écrivait : ce début de la jeune Londonienne Sarah Rumer Joyce démarre en fanfare. Ce disque est bourré d’un charme apaisant, d’une délicatesse et d’une sensualité inouïes. Et quand elle chante « Aretha », on ne doute pas que la petite connaît ses classiques. Atlantic-Warner.

The Bewitched Hands, Birds & Drums *

Amis de Flaming Lips, I’m Barcelona, Weezer et surtout Arcade Fire, voici la version mélangée qu’en fait de façon fort héroïque ce groupe de Reims. En anglais dans le texte. C’est parfois maladroit sinon naïf mais la bande de joyeux drilles (cinq garçons, une fille) est malgré tout à même de lâcher des compos entraînantes, en y mettant tellement de cœur qu’on finit par être touché. Sony Music.

THIERRY COLJON

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