Vivez l’expérience Kaiser Chiefs

Petit rappel pour les distraits : The future is medieval, le nouvel album des Kaiser Chiefs, ressemble à celui que vous voulez. En clair : vous achetez 10 titres parmi les 20 nouveaux proposés sur leur site, vous imaginez la pochette à partir de visuels donnés, et hop, le tour est joué. Vous avez même la possibilité de vendre « votre » album et récupérer ainsi quelques sous de votre mise.

C’était quoi, l’idée de départ ?

Ricky Wilson (chant) : Nous voulions trouver quelque chose de différent. Mais nous avions deux problèmes. Le premier était la motivation. Pourquoi encore faire un album dans le seul but de faire un album ?

Et le second ?

Il était plus conséquent, et a trait à la musique elle-même, et au téléchargement digital. En la matière, tout va aujourd’hui tellement vite et change tellement vite que personne ne se demande vers quoi ça évolue.

Et ce que vaut la musique ?

Voilà ! Du Lagy Gage à 99c sur Amazon, c’est trop bon marché ! Les gens pensent au « maintenant » mais pas aux conséquences qui surviendront d’ici 50 ou 60 ans, quand on arrêtera de fabriquer des CD. La musique sera alors juste une commodité, au même titre que d’autres. Plus personne ne pensera à l’artiste, la créativité s’en ressentira… La musique sera gratuite, du bruit de fond que plus personne n’écoutera, comme dans les ascenseurs.

Vous proposez aux gens d’investir et de s’investir ?

Je ne parle pas ici strictement d’argent… Je me souviens, quand j’étais ado, qu’acheter un disque ne revenait pas juste à dépenser de l’argent pour le posséder. J’avais aussi envie que ma collection de disques dise quelque chose de moi. Et acheter un disque, du coup, c’était comme de rejoindre une bande où l’on partageait quelque chose de commun. Tout ça n’a plus cours, aujourd’hui. Je me rappelle même avoir retiré quelques disques de cette collection parce qu’un ami passait chez moi et que je ne voulais pas qu’il puisse les voir.

Vous ne vous adressez pas qu’à vos fans, alors ?

A tous ceux qui ont envie de faire partie de l’expérience. Acheter un disque, c’était ça !

Vous ne prétendez pas apporter « la » solution à tous les problèmes de l’industrie musicale ?

Je suis juste content que quelqu’un fasse quelque chose, tente un truc neuf.

Et que ce soit votre idée ?

Bien sûr, c’est génial que nous soyons les premiers. Pas seulement parce que ça nous amène de la presse, mais surtout parce que ça nous a donné le coup de boost créatif dont nous avions besoin pour sortir un nouvel album.

C’est aussi une manière de continuer à prendre du plaisir ?

Clairement, car pendant longtemps, tout ce que nous faisions, nous le faisions pour la première fois. Et un jour, ça devient la deuxième ou la troisième… Les seuls qui pouvaient changer ça, c’était nous.

Vous vous fatiguez vite des choses ?

Comme la plupart des musiciens, non ? Je crois que c’est une de nos caractéristiques principales. En plus de vouloir le plus souvent possible conserver le contrôle.

DIDIER STIERS


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