Et le troisième jour vint… Portishead

Somptueuse et prenante ; il n’existe pas beaucoup d’autres mots qui pourraient coller à la prestation du groupe de Bristol, terminée sur le tempo quasi électro de « We carry on ». Tant mieux s’ils continuent, Beth Gibbons et ses camarades! Car on revivra peut-être alors ce qu’on vient de vivre ici : le sommet de ce troisième jour de festival. Même s’il reste Coldplay… qui entame son set au moment même d’envoyer ce post. Avec un peu de pyrotechnie; gamin, va !

Oui, oui, ça fait drôle d’entendre « Glory box » et « Sour times » joués et chantés quasiment à l’identique des versions de l’album Dummy. Pas mal des jeunes spectateurs vus dans les premiers rangs étaient à peine nés, à l’époque où il a contribué à installer ce son trip hop. Un son qui, en même temps chez les Bristoliens, cède aussi le pas aux compos un peu plus expérimentales (encore que, n’exagérons rien, nous sommes dans un festival), à des passages plus noisy, comme sur ce « Machine gun » propulsé par d’énormes infrabasses, ou à un petit moment particulièrement hanté tel sur ce frissonnant « Mysterons ».

Tout aussi somptueux est le travail réalisé sur le visuel. Pas de show de la part de ce groupe qui a toujours été « statique », bien sûr. Mais deux séries de trois écrans superposés occupent le fond de la scène. S’y mélangent dans des successions de monochromies les images captées en live et trafiquées aux séquences plus abstraites. Même genre d’effets sur les écrans de Werchter, ce qui permet de savourer, le temps de l’un ou l’autre flash tel ou tel geste des musiciens. Geoff Barrow qui passe divers accessoires sur ses cordes de guitare… Ou les coups frappés sur les percussions électroniques et le son qu’ils produisent.

On a toujours un peu de mal à se faire aux blancs qui séparent les morceaux. Et on se gratte toujours un peu le crâne quand Beth lâche son micro et attend le suivant dos au public. Ou interpelle l’un ou l’autre musicien, comme si elle reprenait une conversation interrompue par le titre précédent. En même temps, c’est aussi un peu ça, Portishead. Un groupe à part. Des gens réservés qui laissent parler une musique ô combien expressive.

Didier Stiers

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5 Comments

  1. tsh02901

    3 juillet 2011 à 9 h 46 min

    Très bonne description du concert. C’était planant, magnifique. Et dès que la nuit est tombée, c’est devenu magique. Mais en effet, la chanteuse n’est pas sociable du tout et ça mettait un petit malaise. Et puis, après la claque de Coldplay, dur de résister dans les souvenirs…

  2. Nicolas

    4 juillet 2011 à 7 h 36 min

    Mais qu’est-ce que vous avez tous à encenser Portishead ???
    Mes amis et moi, on a trouvé ça abominable. Et vu la tronche des gens qui nous entouraient, ça devrait être un sentiment partagé…
    L’attitude de Beth Gibbons est un manque total de respect pour le public. Désolé, mais tourner le dos systématiquement à un public, ça ne se fait pas (qu’on soit 10 ou 10.000 d’ailleurs).
    Alors oui, ce sont de bons musiciens et les visuels, tout en monochrome, étaient intéressants, mais leur musique dépressive convient mieux à une petite salle intimiste qu’à une plaine de festival.
    Rien de neuf à proposer en plus…
    Emballé par Glory Box (et la vague trip-hop en général), je m’étais rué il y a 15 ans sur leur 2ème album: je n’ai jamais réussi à l’écouter jusqu’au bout, malgré que je me le sois infligé à quelques reprises.
    Heureusement que Coldplay nous a fait oublier tout ça vite fait!

  3. aphex

    4 juillet 2011 à 9 h 40 min

    Bon, Nicolas. Évidemment, si tu n’as apprécié que le 1er album de portishead, fallait pas s’attendre a prendre son pied au concert.
    Et, for the record, de manière générale, les fans de portishead ne le sont pas trop de Coldplay, et inversément ;-). Pas d’amalgame, il doit y avoir des exceptions. Mais on ne peut pas parler de même esprit…

  4. Corto

    4 juillet 2011 à 14 h 04 min

    Portishead est évidemment un groupe exigeant, voire ardu (ce deuxième album), mais également sérieusement passionnant. Tout comme le fût ce concert sur la plaine de Wercher, impeccable et intense, musique puissante évidemment, très beaux visuels et, quel bonheur, absence totale de communication populiste du style “Belgium, we love you”.
    Coldplay, me rappelle leur concert au club de Pukkel il y a une dizaine d’année, le chanteur quittant la scène furieux du manque d’intérêt du public. Qu’ils vendent leur mélasse par wagon n’en fait pas un grand groupe.

  5. JTJT

    5 juillet 2011 à 8 h 44 min

    Mon seul reproche est la programmation. Portishead aurait du etre dans la marquee a la tombée de la nuit. Intimiste et sombre. La c’était juste fameusement inadapté et je me suis ennuyé ferme sur cette grande pleine. Elbow aurait fait un meilleur job a cet endroit. La prog cette année manquait de fil conducteur je trouve.

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