Voyage au bout de la nuit

Ça a commencé comme ça. Sur le coup de minuit, les visages se sont déformés. Désormais, les ombres se découvrent partout. Ici, des pieds qui sortent de nulle part, là, une masse étendue sur un talus. Et le bruit omniprésent qui ne fait qu’augmenter…

ça doit faire un moment que Pulp a terminé son set puisque Vitalic bastonne à tout va sur la grande scène. Les beats nous happent, viennent nous trouver au bout de la plaine, tout là-bas, près du bar. A nos côtés, un brave homme emphase, se laisse porter par ses paroles, finit par ne plus toucher terre. Il a un casque sur la tête, aussi. Première guerre mondiale? Allemand? Rapport: «J’ai rien compris à ce qu’il me racontait. Il m’a dit qu’il était Dourois pur jus mais il a un accent québecquois!». Ah, Dour!

Ailleurs, plus tard, une voix rauque porte plus haut que toutes les autres. «Ouuuuuuéééééééé!!! Eh, y a quelqu’un qui veut un plomb?… Quoi, personne!? Mais qu’est-ce que c’est que cette jeunesse?» La voix s’éloigne, puis revient «Ouuuuuuuuuéééééé!!!!… Toujours pas?» Elle tourne à nouveau, mais ne s’éloigne pas, non, elle est là, elle nous encercle. Et puis, plus rien… Silence. Pourtant, la bête est toujours là, cachée dans la pénombre. On peut la sentir dans nos tripes, elle est toute proche. «MEEEERRRDEEEE!!!!» On aperçoit alors la bête à quatre pattes, reniflant à terre, cherchant Dieu sait quelle ouverture vers l’Enfer… «J’ai fait tomber mes plombs dans l’herbe!!!»

Plus bas dans le Dance Hall…Ou était-ce au Club Circuit Marquee ? Les Partyharders font hardement la fête. La tente est remplie. Le corps a vaincu l’esprit – victoire par KO. Ça bouge dans tous les sens, de toutes les manières possibles. Sur le terrain, certains se sont installés près d’un buisson ou contre un arbre pour le reste de la nuit. La plupart s’en retourne sagement au camping. Et puis, il y a ceux qui vont se crasher quelques heures sur la banquette arrière de la voiture avant que ne se lève un autre jour. Il est cinq heures et Dour, tout doucement, s’endort.

Didier Zacharie

Journaliste lesoir.be

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2 Comments

  1. jean valjean

    16 juillet 2011 à 19 h 45 min

    Terrible ça résume bien les quelques phases qu’on peut se faire quand la nuit tombe à Dour 🙂

    «J’ai fait tomber mes plombs dans l’herbe!!!” hehehe mdrR

    hier un gars à voulu m’échanger un plomb contre la fin de mon pain mexicanos => pour épisser un peu sa vie m’a t’il dit:)

    ps: party H. était dans le Club Circuit Marquee

  2. 1000 mots pour réussir

    17 juillet 2011 à 12 h 18 min

    “le bruit omniscient” çà ne veut rien dire, “le bruit omniprésent” peut-être?!?

    vive la culture purefm!

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