Les artistes belges ont mis le feu à la Nuit

La dixième Nuit du Soir était sold out. Ce sont les Bruxellois de Recorders et les Louviérois de Romano Nervoso qui ont ouvert le bal. Édition anniversaire oblige, la Nuit était aussi celle d’une création signée Daan et Jacques Duvall.

Sold out ! Pour sa 10e édition, la Nuit du Soir affichait un « complet » de bon aloi ; de quoi ravir les organisateurs, et prouver que la formule trouve toujours son public. La formule ? Simple : des artistes belges, deux salles entre lesquelles les spectateurs circulent, un ticket au prix cassé de 9 euros et une bière gratuite pour faire bonne mesure. On pourra toujours imaginer line-up plus aventureux, plus urbain ou plus électro, mais n’empêche : ce jeudi, les Recorders, Romano Nervoso, Bikinians, Kiss & Drive, Malibu Stacy et le tandem Duvall/Daan ont attiré du monde, sous les verrières du Botanique.

A la Rotonde, ce sont les Recorders qui ouvrent le bal. Sur scène, ils sont quatre, mais c’est souvent la batterie, mixée très en avant, qui domine leur mélange électro et pop. Le chanteur en profite pour saluer les auditeurs de Pure FM, qui retransmet les concerts de ce soir. Le public applaudit, histoire de bien prouver que tout ici se passe en live.

Dans la galerie, quelques invités se plient aux interviews. Jacques Duvall répond aux questions de notre collègue de Télé Bruxelles. La demoiselle de Kiss & Drive fait de même face à la caméra de Frontstage… Au bar, c’est déjà la file… alors que le concert suivant démarre à l’Orangerie.

Avec Romano Nervoso, on peut être certain d’une chose : ces mecs ne montent pas sur scène pour de mauvaises raisons. Dans l’esprit des Louviérois, le rock est un art festif qui doit défouler, au-delà des éventuels clichés.

« Get ready for the rock’n’roll party of your life », suggère une demoiselle préenregistrée. Le groupe est emmené par Giacomo Panarisi, grand fan de Dave Grohl devant l’Eternel. Comme à l’accoutumée, « Giac » monte sur les planches en brandissant son panneau routier, les yeux couverts de maquillage pailleté. Il prend des poses, donne de la voix. Un showman, quoi, un vrai ! « Party time » déboule, extrait du premier album : « Beautiful record », assure l’intéressé avec un accent américain plus vrai que nature. Après l’anglais, faites-vous une leçon d’italien : à son répertoire figure aussi un « Mangia spaghetti (di prima qualita) » pas piqué des vers, avec cette guitare joyeusement « angusyoungesque », et ce petit gimmick – attendu – qui consiste à flinguer Berlusconi, De Wever et consorts. Dans la sauce de Romano Nervoso, il n’y a pas de boulettes mais aussi du Sweet, du Bolan, du Queen, du Slade… et du punk.

Neuf heures dix… Avec les Bikinians, on reste plutôt dans les mêmes eaux : des riffs et de la sueur, éventuellement sur un ton qui met les cordes vocales un peu moins à contribution (encore que), et du look aussi, puisque le chanteur du groupe bruxellois est toujours vêtu de son invraisemblable legging jaune canari assorti aux montures de ses lunettes solaires. En fait, la petite surprise viendra plutôt, le temps d’un titre, de l’apparition de danseurs de la compagnie PARTS. Corps peints sous les black lights, effet garanti!

Kiss & Drive, c’est le pseudo emprunté par Elisabeta Spada… qui boucle son année avec un ep (My mood changes) et, pour l’occasion, un concert aux accents souvent folk dans une Orangerie on ne peut plus remplie. La petite respiration « acoustique » guitare-clavier de la soirée, appréciée par un public conséquent et attentif.

Les Visétois de Malibu Stacy, un peu comme Kaiser Chiefs à Werchter, détiennent ici le record de participations : trois, soit une pour chaque nouvel album. Le petit dernier en date est tout frais et s’intitule We are not from. Le single, « Razorback », a manifestement déjà trouvé des fans, dans une Rotonde remplie à ras-bord. « Los Angeles » se voit réinjecter une dose d’énergie supplémentaire. Au passage, on se dit que le refrain n’aurait pas dépareillé le répertoire d’un Offspring, tiens… La Rotonde est pleine, très, trop même. Au grand mécontentement de quelques retardataires qui ne trouvent plus moyen de s’y glisser. C’est le choix du groupe, paraît-il, que d’avoir opté pour la petite salle plutôt que l’Orangerie… où il reviendra en fin d’année.

Cette dixième Nuit n’est pas encore tout à fait finie. On attend les têtes d’affiche de l’édition, les deux cowboys crooners que sont Jacques Duvall et Daan Stuyven, réunis le temps d’une création sous la houlette d’un directeur artistique nommé Benjamin Schoos, alias Miam Monster Miam. Sous la houlette, et sous de beaux chapeaux, comme le précisera le premier, même s’ils ne sont pas des rigolos. Mouais… La chanson française, revue et corrigée par ces Experts en Désespoir (accompagnés de Jeronimo et Calo Marotta aux guitares, Chris Cerri aux claviers, Geoffroy Degand à la batterie, Pascal Schyns à la basse, Miam au chant/synthés/harmonica/boucles et Sophie Galet aux chœurs), a pourtant un petit quelque chose de goguenard qui amène plus d’un sourire. Témoins: cette version de « Ti amo » (« Je te hais ») par Duvall, le « Confidence pour confidence » de Schultheis explosé par Daan ou leur duo de vieux couple sur le « Sinatra » écrit à l’origine avec Chamfort. Un final entre kitsch et trash, quoi !

Didier Stiers

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1 commentaire

  1. Chip Cheap

    24 septembre 2011 à 16 h 33 min

    Ce n’était pas la toute grande foule. Et à 1 heure, tout le monde était déjà parti ou presque. Dommage. :/

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