Your song #13 : Turn ! Turn ! Turn !, The Byrds

En 1965, un an après Mr. Tambourine Man, les Byrds signent leur deuxième carton mondial, Turn ! Turn ! Turn ! que je ne vous ferai pas l’injure de traduire. Alors que le mouvement psychédélique est en train d’essaimer la planète rock, un tel titre avec des telles guitares ne peut que susciter les interprétations les plus folles. Encore une apologie de la drogue ! Ca fait tourner la tête ou on fait tourner les joints… On se calme, la réalité est tout autre.

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Je me permets donc d’ouvrir un livre, l’un des plus anciens de l’Humanité.  (voix d’église)
« Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux, un temps pour naître et un temps pour mourir; un temps pour planter et un temps pour arracher ce qui a été planté; un temps pour tuer et un temps pour guérir; un temps pour abattre et un temps pour bâtir; un temps pour pleurer et un temps pour rire; un temps pour se lamenter et un temps pour danser; un temps pour lancer des pierres et un temps pour r amasser des pierres; un temps pour embrasser et un temps pour s’éloigner des embrassements; un temps pour chercher et un temps pour perdre; un temps pour garder et un temps pour jeter; un temps pour déchirer et un temps pour coudre; un temps pour se taire et un temps pour parler; un temps pour aimer et un temps pour haïr; un temps pour la guerre et un temps pour la paix. »

Voilà, vous ajoutez une kyrielle de Turn ! Turn ! Turn !, symbolisant la roue qui tourne, les saisons qui se succèdent, le balancier de la vie toujours en mouvement,  vous ajoutez le petit I swear it’s not toolate final. Vous changez légèrement l’ordre des phrases et vous avez la chanson, qui peut se résumer par :  il y a un temps pour chaque chose.

Vous l’avez deviné, ce texte est issu de la Bible, plus précisément du livre de L’Ecclésiaste, un recueil de réflexions sur la philosophie de la vie quotidienne. Si L’Ecclésiaste ne nous éclaire pas particulièrement sur les membres des Byrds, vu qu’il s’agit d’une reprise, il nous en dit plus sur les racines du groupe, des racines folk, avant le tournant  en 1966 vers le mouvement psychédélique.  L’auteur de cette chanson est en effet Pete Seeger, une figure de proue de la musique populaire américaine. Face au dépit de son éditeur, incapable de vendre ses chansons, Seeger a quasiment improvisé une mélodie en un quart d’heure et a repris un passage de la bible, qu’il qualifie de plus grand livre de folklore du monde ! Pete Seeger, 92 ans aux prunes, a derrière lui une carrière d’activiste de plusieurs décennies. C’est une légende du folk américain, compagnon de route de Woody Guthrie, et mentor de Bob Dylan. Bob Dylan dont les Byrds ont repris pas mal de chansons. Voilà pour la filiation.

Avec son final,  A time for peace, I swear it’s not too late, Turn ! Turn ! Turn ! est donc un texte biblique qui tombe à pic,en pleine guerre du Vietnam et à l’aube de la contestation des jeunes qui ne fera que prendre de l’ampleur en cette seconde moitié des sixties. Comme quoi finalement, la bible peut être assez rock… Là-dessus, vous me ferez trois avé et deux pater.

Turn ! Turn ! Turn ! The Byrds

To everything (turn, turn, turn)
There is a season (turn, turn, turn)
And a time for every purpose, under heaven

A time to be born, a time to die
A time to plant, a time to reap
A time to kill, a time to heal
A time to laugh, a time to weep

To everything (turn, turn, turn)
There is a season (turn, turn, turn)
And a time for every purpose, under heaven

A time to build up,a time to break down
A time to dance, a time to mourn
A time to cast away stones, a time to gather stones together

To everything (turn, turn, turn)
There is a season (turn, turn, turn)
And a time for every purpose, under heaven

A time of love, a time of hate
A time of war, a time of peace
A time you may embrace, a time to refrain from embracing

To everything (turn, turn, turn)
There is a season (turn, turn, turn)
And a time for every purpose, under heaven

A time to gain, a time to lose
A time to rend, a time to sew
A time to love, a time to hate
A time for peace, I swear it’s not too late

Axel du Bus


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1 commentaire

  1. Francis GIELEN

    25 septembre 2011 à 18 h 24 min

    Le texte de l’Ecclésiaste (propos du sage Qohélet) est superbe. S’il n’y a qu’un texte à retenir de la Bible, c’est bien celui-là.
    Seeger a repris les versets 3 1-8, mais tout est à lire : “Un âge va, un âge vient, et la terre tient toujours, etc.”
    Et parmi les interprètes que je connais, ce sont les Byrds que je préfère. Je trouve qu’ils rendent merveilleusement bien le sens du texte.

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