Des casques de Daft Punk aux corps nus de Sébastien Tellier

Au Festival du Film Fantastique de Bruxelles, s’il est essentiellement question de pelloches supposées vous mettre des frissons partout, on peut aussi causer musique. Avec Alexandre Courtès, par exemple. Le garçon était à Tour & Taxis pour présenter The incident, un premier long-métrage, tourné en Belgique. Son CV n’était pas vierge pour autant, puisqu’on lui doit bien des clips, pour U2, Justice, Cassius ou encore, Kasabian. Et là, tout frais, « Cochon Ville », le ballet tout nu de Sébastien Tellier…

Il ironisait, Alexandre Courtès, lors de la traditionnelle présentation du film sur scène. A l’en croire, la seule différence entre un clip et un long-métrage, ou le challenge quand on passe de l’un à l’autre, c’est de survivre au manque de sommeil. « Il y a aussi beaucoup plus d’appréhension, corrige-t-il le lendemain. Mais techniquement, je ne partais pas de rien. Choisir ses plans, les endroits où poser sa caméra, connaître les pièges à éviter, j’avais déjà ce background. Après, un clip, ça se tourne en une ou deux journées. Tandis que sur un tournage de film, l’adversité est celle des grosses journées qui se succèdent… tous les jours. »

S’il fallait trouver un point commun aux vidéos qu’il compte déjà à son actif, on mentionnera surtout la récurrence d’éléments voire de procédés graphiques, ingrédient essentiel pour ce… graphiste de formation. « Quand on en réalise une, on a les coudées franches pour jouer avec les images. Et ce que j’aime bien dans cet exercice, c’est de travailler sur les sensations qu’elles créent. » Comme celles produites par le défilement, un « truc » qu’on retrouve dans trois de ses clips : pour les White Stripes (« Seven nation army »), « Sound of violence » de Cassius (« On était dans le désert, on prenait une photo tous les 5 mètres ») et le récent « On’n’on » de Justice (« Ici, l’idée, c’est de faire défiler des rébus, des vanités »).

The White Stripes – “Seven Nation Army”
Alexandre Courtès: “Les White Stripes, c’est le coup de chance”

En 2004, le réalisateur tourne dans le désert espagnol un clip pour U2. Quelques mois plus tard, il décroche un Grammy… et c’est aujourd’hui encore ce qui lui vient en premier à l’esprit quand on évoque cette étape de son parcours.

U2 – “Vertigo”
Alexandre Courtès: “Les types arrivent en limousine à 6 heures du matin”

Avec Wolfmother (2005) et Kasabian (2006), notre homme tente d’autres expériences et retravaille des images tournées en live. « Pour Wolfmother, l’idée était d’imprimer chacune des images, de les froisser et de les reshooter. Toutes ont été déformées et banc-titrées, une par une.  Pour Kasabian, elles ont été rotoscopées. Après, j’ai passé une semaine en slip à faire des taches, à jeter de l’encre et de la peinture pour essayer des formes qui réagissaient bien. C’était assez marrant. Ce que j’essayais, c’était de créer du mouvement avec des aplats. »

Wolfmother – “Woman / Love Train”
Kasabian – “Shoot The Runner”

C’est à l’époque de la french touch en pleine propagation que Courtès commence à se faire un nom… On lui doit notamment et entre autres choses le design des mythiques casques de robots portés par les deux de Daft Punk. Puis il passe derrière la caméra pour le compte d’autres Versaillais, alors débutants : Phoenix.

Phoenix – “If I Ever Feel Better”
Alexandre Courtès: “C’était n’importe quoi”

Terminons sur une touche… heu… comment dire ? Sexy ? Et un peu allumée : il y a quelques semaines circulait sur les réseaux sociaux une petite annonce dans laquelle il était question de tourner nu(e) dans la vidéo de « Cochon Ville ». Eh bien, c’était exactement de ça dont il s’agissait. Voilà le résultat final… signé Alexandre Courtès également. Ralentis, cagoules et ondulations lascives au menu. Prosterne-toi, danse, rêve !

Sébastien Tellier – “Cochon Ville”

Didier Stiers

Infos: Division.

Didier Stiers

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