Dinosaur Jr : indé, increvable, important

En 2005, Jay Mascis et Lou Barlow enterraient la hache de guerre, après une longue brouille qui avait provoqué pas mal de turbulences dans l’existence de leur groupe, finalement mis au frigo pendant près de 8 ans. Dinosaur Jr. a depuis longtemps maintenant repris du service : à Dour, on a retrouvé les Américains toujours aussi puissants… et toujours autant sur le fil du chaos.

Aller écouter le trio, c’est un peu comme entrer dans un garage où les mecs répètent. Aucun morceau ne démarre de manière carrée, côté son, c’est bordélique à souhait : Murph tape un peu sur une de ses caisses, Barlow tripatouille les cordes de sa basse et Mister Larsen est une fois sur deux au rendez-vous aussi. Ceci dit, quand ces trois-là entrent en action, c’est la plongée garantie dans le chaudron bouillonnant.

Comme à leur habitude, Murph, Barlow et Mascis ne quittent pas le centre de la scène, encadrés qu’ils sont par leurs murs d’amplis. On a un jour demandé au chanteur s’ils étaient branchés ou si c’était pour la frime ; il a assuré qu’ils l’étaient, non sans se montrer surpris par la question. La setlist, elle, peut surprendre : le groupe ne joue rien de son prochain album (I bet on sky, annoncé pour la mi-septembre), et quasi-rien de ses disques les plus « récents ».

« Feel the pain », sa structure complexe et ses changements de tempo nous ramènent à Without a sound (1994), « The wagon », balancé en ouverture, au tout début des nineties (Green mind, en 91), leur toujours surprenante cover de Cure (« Just like heaven ») en 87 et leur dernier titre pour ce jour, « Kracked », exactement à la même époque (et à l’album You’re living all over me).

“Just like heaven”

Une heure après leur sortie de scène, on retrouve Jay Mascis dans l’espace presse. Grosses lunettes, casquette et t-shirt imprimé d’une magnifique tête de loup stylisée, 46 ans, tout le monde veut le photographier… Il a accepté deux interviews mais s’y plie avec toujours aussi peu de volubilité. Répliques brèves (avec une préférence pour « yes », « no » et « I don’t know »), air d’être un peu ailleurs, bref, pas le genre de « bon client » avec lequel on se dit no souci. Néanmoins : des réponses à trois des mes 427 questions…

L’interview
1. Sur scène
2. Ce que le public attend de Dinosaur Jr
3. Jay et le punk

 

Didier Stiers

Didier Stiers

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