Chokri Mahassine : « Tous les regards seront tournés vers nous »

Björk, Laurent Garnier et Bloc Party sont quelques-unes des têtes d’affiche de ce premier jour. Risques d’orages ou chaleur comme l’annonce la météo, Chokri Mahassine, l’organisateur, a pris toutes les précautions possibles pour réussir un « Pukkelpop nouveau ».  Malgré la fête, le drame survenu en 2011 sera encore dans toutes les mémoires.

Samedi, dernier jour du Pukkelpop 2012, cela fera un an que le site du festival était dévasté par une tempête, causant le décès de 5 personnes. L’enquête officielle a conclu aux conditions météo exceptionnelles, ce qui n’a pas mis fin aux polémiques. L’organisateur du « Pukkel », Chokri Mahassine (par ailleurs membre du Parlement flamand sous l’étiquette SP.A), n’entend pas oublier. Mais il parle aussi « futur ».

Quel est votre état d’esprit alors que ce Pukkelpop 2012 va commencer ?

D’un côté, nous avons évidemment passé une année très difficile. Mais de l’autre, nous espérons beaucoup de l’avenir. Nous avons, je pense, une bonne affiche. Nous nous sommes beaucoup battus pour revenir, avons eu à traiter beaucoup d’affaires relatives au drame de l’année passée et, en même temps, à nous occuper du futur du festival, ce que nous demandaient des milliers de jeunes. Nous avons donc derrière nous une période difficile, très chargée en émotion. Je pense par exemple à la commémoration qui a eu lieu le dimanche 5 août dernier, organisée dans le respect des victimes et de leur famille. Et d’un autre côté, à partir de là, il fallait aussi aller de l’avant. Pour le reste, nous sommes encore fort occupés à faire en sorte que le festival puisse redevenir une fête.

Un peu de stress ?

Bien sûr, mais j’ai toujours été plus ou moins stressé à l’entame de chaque festival. La différence étant que cette fois, tous les regards sont tournés vers nous. Chaque détail sera véritablement scruté.

En mars, vous disiez à nos collègues de « Moustique » avoir besoin de calme pour pouvoir aller de l’avant. Ça s’est calmé depuis ?

Je pense, oui. Bien sûr, ça ne veut pas dire que nous pouvons tout oublier sous prétexte que nous nous sommes beaucoup occupés des victimes. Au contraire ! Nous n’oublierons jamais. Je pense que nous sommes arrivés aujourd’hui, de la manière qui convenait, au point où nous pouvons dire : “Nous sommes prêts pour le nouveau festival !”

A quoi va-t-il ressembler ?

Ce Pukkelpop 2.0 se dévoilera aussi sur le site lui-même, qui aura un tout autre aspect. Les arbres les plus vieux ont été abattus préventivement, les chapiteaux sont plus colorés ; l’approche – le look et le « feel » – a aussi été totalement refondue. Les festivaliers ne pourront pas ignorer qu’il s’agit d’un festival nouveau, mais sans trahir ce qu’il a été.

L’affiche elle-même a été plus compliquée à élaborer ?

Très honnêtement, non. Pour des groupes comme les Foo Fighters, qui devaient se produire l’année passée, c’est même allé assez vite. Et j’en suis très content. Nous avons aussi été soutenus, notamment par Herman Schueremans (NDLR : l’organisateur de Werchter), qui nous a aidés à convaincre certains artistes.

Herman et vous êtes finalement plus amis que concurrents ?

Absolument ! Et c’est naturellement dans les moments difficiles qu’on reconnaît encore mieux ses amis !

Vous parlez souvent de la « famille Pukkelpop ». A quoi ressemble-t-elle ?

Après le drame, ceux qui étaient ici ont connu ce même sentiment, et se sont dit : “J’y étais, je l’ai vécu, c’est terrible, mais il faut essayer de surmonter ça.” Pour toute une série de gens, ça a été traumatisant, et tout le monde l’a ressenti comme une injustice. Bon nombre de critiques qui ont fusé, surtout en Flandre, ont été mal vécues. Les Pukkelpoppers ont réagi en disant : “Touchez pas à notre festival !” Oui, il y a des gens qui ressentent les attaques contre le Pukkelpop comme des attaques personnelles, parce qu’ils s’y retrouvent, dans ce festival. Comme d’autres se retrouvent dans un événement comme Werchter, Tomorrowland ou autre.

Qui irez-vous voir à coup sûr, pendant ces trois jours ?

Je pourrais vous citer pas mal de groupes, mais je ne sais pas si j’en aurai vraiment le temps. Disons que c’est assez sûr en tout cas pour les Foo Fighters, à la fois pour ce que représente leur venue et parce que j’ai toujours été fan. J’aime aussi beaucoup les Black Keys. Et j’essayerai d’aller écouter Netsky. Il a acquis une telle renommée depuis le Pukkelpop de l’an passé (NDLR : en fin de set lorsque les conditions météo se sont dégradées) ; c’est logique de lui confier la clôture « dance » après Bjork ce jeudi sur la main stage.

Great Mountain Fire est le seul groupe « francophone » à l’affiche…
Oui, on pourrait dire qu’ils ne sont pas assez nombreux, nous l’avons nous-mêmes admis. A l’avenir, il faudra clairement plus de groupes francophones aussi, nous en sommes convaincus.

Infos : www.pukkelpop.be

DIDIER STIERS


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2 Comments

  1. Dégout

    17 août 2012 à 10 h 41 min

    On dirait que la censure fonctionne bien: mon post critiquant Chokri Mahassine pour ses malversations n’est jamais apparu online.

    C’est pas grave, vive la magouille, vive Chokri et les milliers d’euros qu’il empoche sur le dos des festivaliers et des victimes de l’an passé, vive Le Soir et dansons tous ensemble…

    Ce post ne paraitra sans doute pas non plus, donc toi censeur qui me lira, tu participes à la magouille en effaçant mes posts. Honte à toi, de rendre le infos lisses et dénuées de tout sens critique. Honte à toi de participer à la mascarade. Tu fais l’inverse de ce que tu es censé faire de ton métier de journaliste…
    Au moins, amuse-toi bien avec ton pass press offert par Le Soir, de toute façon, tu ne sers à rien.

    • admin

      18 août 2012 à 13 h 37 min

      Salut à toi pourfendeur anonyme,
      Vous pensez quoi? Qu’on peut vous laisser, sur un espace du Soir, diffamer sur l’organisateur du Pukkelpop et les soi-disants malversations dont vous l’accusez.
      L’honnêteté voudrait que vous prouviez vos affirmations. Elle veut aussi qu’on les vérifie avant de les publier.
      En vous remerciant.

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