Un Shaka Ponk totalement déjanté au Brussels Summer Festival

Il y avait un monde fou, vendredi soir, au pied du Mont des Arts pour le Brussels Summer Festival. La douceur du temps, évidemment, mais aussi l’affiche de vendredi, avec Hudson, Gush et Shaka Ponk. A voir la masse de gens qui se pressaient encore aux caisses et aux entrées peu avant 22 h, c’est bien Shaka Ponk que les fans venaient applaudir.
Je ne connaissais ce groupe français que pour l’avoir vu interpréter un “Like a rolling stone” extraordinairement réinventé, avec riffs de guitare à la “Kashmir” de Led Zeppelin, lors d’un Taratata spécial Bob Dylan. Le concert de vendredi soir m’a fait devenir un de ses inconditionnels. Sur scène en tout cas. Tant l’énergie sourd de ce groupe et se communique au public par des vagues de rock, des vibrations de funk, des battements de rythmes électro. Tant surtout le concert est un formidable spectacle. Les deux chanteurs, Frah et Samaha, virevoltent sur scène une heure et demi durant, leurs micros en forme de périscope à la main, et le grand cercle qui trône au centre de la scène est un véritable écran où le singe virtuel Goz vient chanter, où défilent des images extraordinaires de couleurs, d’imagination, de psychédélisme même. On se serait cru revenus aux grands spectacles totaux du Pink Floyd des débuts.
Ce n’est pourtant pas exactement la même musique que les Français jouent. La batterie de Ion et la basse de Mandris jouent très hard, la guitare de CC très rock, les claviers de Steve se la font électro, les voix de Frah et Samaha se la jouent plus funky et plus versatiles: Frah chante quelquefois à la française, voix posée, grave, claire, mais gueule juste après, voix éraillée, limite de l’aigu insupportable; Samaha est plus funky, avec sa voix grave, éraflée. Et il y a celle de Goz. Le singe n’est pas qu’un outil visuel: il chante sur l’écran circulaire, il joue de la batterie, il perd d’ailleurs un concours contre le vrai batteur du groupe. Et c’est jouissif de voir le réel (Ion) et le virtuel sur l’écran (Goz) se livrer en direct à des joutes musicales. Comme il est magnifique de voir Frah et Imaha se mettre en scène devant l’écran, jouant avec les dessins qui s’y affichent, s’affublant ainsi de cornes, de plumes, de mâchoires de loups, de langues de serpent… Bravo aux maîtres des ordinateurs.
Et tout ça est porté par une énergie inépuisable, par des morceaux aux beats irrésistibles, par d’excellentes compositions et par un humour incroyable. La foule ne s’y est pas trompée, qui s’agitait, pogotait, levait les mains, chantait. Au plus grand plaisir de Shaka Ponk qui ne quittait la scène que pour y revenir, l’abandonnant enfin après 1 h 30 de musiques. On s’est agité sur “How We Kill Stars”, “Palabra Mi Amor”, “Sex Ball”, “My name is stain”, “Let’s bang”. Samaha se déhanche sexy tout au long du concert, et ça emballe ces chansons libérées du cul que sont “Sex Ball” et “Let’s bang”. La dernière, ça veut dire: tirons un coup. Shaka Ponk en a tiré trois: ceux qui annoncent la naissance d’un fameux grand groupe. Il revient à Bruxelles le 23 novembre à l’Ancienne Belgique. On y sera.
Jean-Claude Vanstroyen

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6 Comments

  1. Calivero

    18 août 2012 à 15 h 31 min

    Tout simplement génial ! Quelle ambiance ils ont mis sur l’esplanade du Mont des Arts ! Je ne les connaissais pas mais j’en garderai un excellent souvenir et c’est un des meilleurs concerts auquel j’ai pu assister.
    Et vive Goz, the monkey ! 🙂

  2. Fabrice

    18 août 2012 à 18 h 31 min

    Je regrette de ne pas les avoir vus hier, mais l’été passé, à Esperanzah, ils ont été vraiment géniaux. Les commentaires de Jean-Claude Vanstroyen ne me surprennent pas : c’est vraiment un groupe fait pour la scène ! Longue vie à eux !

    • Le K

      18 août 2012 à 18 h 44 min

      Ben fallait venir les voir à Dour, pendant qu’il pleuvait sur Selah Sue 🙂

  3. Gaston

    19 août 2012 à 10 h 13 min

    “Bravo aux maîtres des ordinateurs”
    A savoir que les maîtres des ordinateurs c’est eux ! Ceux sont de vrai geek ils font tout eux même 😉

  4. Mos

    19 août 2012 à 11 h 57 min

    Les micros en “forme de périscope” sont en fait des GoPro pour se filmer pendant les concerts et créer des vidéos pour la Monkey TV 😉

    Sinon dégoutés de pas avoir pu venir, je les ai vus deux fois sur scène et c’était une décharge d’énergie, ils sont vraiment fait pour la scène !!

  5. Steph

    19 août 2012 à 21 h 13 min

    Je me suis cru il y a 25 ans à l’époque des RAMONES…
    Gabba gabba hey

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