Alt-PIAS, Balthazar!

Les PIAS Nites ont remis le couvert à Tour & Taxis à Bruxelles ce week-end. Si le vendredi a laissé libre court à l’électro, le samedi était consacré au rock, tendance relax et bien ficelé. Etaient mis à l’honneur, Jason Lytle de Grandaddy, Balthazar et la coqueluche indé 2012 Alt-J.

Lancées en 2010 à Bruxelles comme une nouvelle manière de vendre du disque et de personnaliser le catalogue du label (c’était ça l’idée, non?), les PIAS Nites se sont depuis exportées, preuve que le concept fonctionne, à Liège, Paris, Amsterdam, Berlin et Dublin, avec à chaque fois une affiche différente.

Retour au bercail en ce mois de février hivernal, soit à Tour et Taxis. Comme l’an dernier, les nuits ont été séparées par genre. Au vendredi tout à l’électro a succédé un samedi pop-rock assez relax et détendu. La bonne idée de cette année, c’est d’avoir réduit l’espace concert à 2000 places, ce qui a permis aux groupes de jouer dans une salle remplie et de permettre au pèlerin titubant dans la nuit de divaguer à son aise dans des espaces ouverts et non surpeuplés. Mais assez de tout cela, musique! Qu’avait donc PIAS dans sa besace?

Jason Lytle, par exemple. L’ancien ex-chanteur de Grandaddy passait présenter son deuxième (en comptant court) album solo sorti en octobre dernier. A deux sur cette grande scène, avec des nappes de synthé comme principal habillage sonore, Jason a du mal à nous emballer. Bon, il tente, place du Grandaddy version lounge, cite Chopin,… Rien à faire, la mayonnaise ne prend pas. Ou si peux. Le set n’est pas désagréable en soi mais manque méchamment de relief. « Ah! C’est sûr, c’est atmosphérique! », on va encore nous dire… Atmosphère, atmosphère… Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère? Et puis, l’affaire sent un peu trop le soufre d’une époque, à savoir la fin des années 90, qui est tout de même révolue depuis quelques années maintenant.

Rien de tout cela avec Balthazar, anciens protégés de dEUS et auteurs avec “Rats” d’un des tout bons albums belges (et internationaux) de l’an dernier. Eux collent à leur époque. La première partie du concert est d’ailleurs pas loin d’être impressionnante… Structures malmenées, guitares et violon libérés,… Les enfants de dEUS, oui. Et puis, en milieu de concert, ça se tasse, avec les titres du dernier album, plus propres et calmes. Et on regrette un peu ce grain de folie qui était si présent chez leurs aînés au début des 90’s, et qui ne déparerait pas dans ce set. Mais, voilà, l’époque en est peu friande. Pour autant, Balthazar a du coffre, et ce concert a confirmé tout le bien qu’on pensait de l’album. D’ailleurs, Tom Barman, déjà bien lancé, a semble-t-il apprécié. (A noter que Balthazar verra « Rats », son deuxième album, sortir en Grande Bretagne à la fin du mois. Chose suffisamment rare pour un groupe belge que pour le signaler).

On craignait un peu pour la tête d’affiche, Alt-J. Après les avoir vu deux fois précédemment, au Pukkelpop et à l’AB, on n’espérait plus grand chose des coqueluches indé de 2012 (Mercury Prize pour l’album « An Awesome Wave ») en concert. Trop sage, trop propre, trop timide. Inapte à soulever les foules, surtout dans un endroit comme Tour & Taxis. C’est ce qu’on se disait. Mais samedi soir, Alt-J avait du son et la donne a changé! Sûr, le public était conquis d’avance (grosse ambiance!), les musiciens ne sont pas des plus démonstratifs sur scène et les titres sont interprétés à la note près comme sur l’album… Mais le son est ample et clair, les bidouillages électro claquent où il faut quand il faut et les chansons vivent enfin leur vie hors du studio. Oh, c’est bien peu de choses. Mais c’est suffisant pour faire du concert, et de la soirée, une réussite. Alors, allons-y pour l’an prochain! Play it again, Sam!

DIDIER ZACHARIE





Journaliste lesoir.be

commenter par facebook

8 Comments

  1. Benteke

    17 février 2013 à 23 h 34 min

    Une blague ou quoi? Ce concert d’ALT-J n’avait pour le moins pas un son clair. L’acoustique était une vrai cata au début et s’est amélioré au fil du concert. Le concert n’a absolument pas levé les foules et l’avis générale était très mitigé. Bien meilleure expérience d’écouter leur album dans la voiture qu’en live! Je suis assez ferme mais toute l’emballement autour de ce groupe n’est pas du.

  2. jakk

    17 février 2013 à 23 h 54 min

    Quand on va un concert on attend quand même autre chose que la reprise d’un album à la note près… 1H chrono, pas d’impros, le strict minimum.
    Bon sinon c’est clair qu’ils sont quand même bons 😉

  3. Jon

    18 février 2013 à 9 h 40 min

    Plutôt d’accord!

    3e fois que je vois Alt-J et de loin le concert le plus convaincant!
    Le jeu de lumières y est sans doute pour beaucoup!

  4. Palpito

    18 février 2013 à 13 h 07 min

    Sérieusement, Alt-J groupe “indie” ? Faut se renseigner mon vieux, c’est ton boulot de journaliste…

  5. Didier Zacharie

    18 février 2013 à 13 h 39 min

    Ami Palpito,

    Renseignements pris, le disque d’Alt-J étant sorti sur le label indépendant Infectious Records et étant distribué par le non moins indépendant PIAS chez nous, Alt-J peut effectivement être considéré comme un groupe “indie”…

    Sauf autre définition de l'”indie”…

  6. Palpito

    18 février 2013 à 16 h 08 min

    Ouais fin Infectious Records faisant partie de A&E Records, possédé par Warner Music Group, je n’appelle plus ça un label indépendant…

    C’est bien ce que je dis, faut faire ton boulot.

    L’étiquette “indie” est aujourd’hui trop souvent collée à tous les groupes un peu tendances, mis sous les projecteurs par de bonnes campagnes marketing underground des gros labels mainstream.

    Au final, ce sont les vraies petites structures créatives et réellement indépendantes qui en patissent, noyées sous un flot incessant de groupes aussi mièvres que sans lendemain (ou malheureusement avec lendemain).

  7. Dam

    19 février 2013 à 14 h 57 min

    C’est mon avis … mais cet intérêt de qualifier un groupe d’indé ou de non indé n’est-il pas réellement démesuré ? J’écoute toute sorte de musique depuis des années, je découvre en tâchant de ne pas me laisser influencer,… et franchement je n’en ai jamais rien eu à caller du label de tel ou tel artiste … Il y a de très bons disques alternatifs qui sortent sur des labels non indépendants, comme il peut y avoir de la soupe vaniteuse auprès des labels indépendants.

    Et puis si on applique la définition à la lettre, Claude François était l’un des plus grands artistes indés… Je vous laisse réfléchir là-dessus.

  8. Michel

    21 février 2013 à 9 h 36 min

    @Dam : 100 % d’accord ! que de snobisme et d’intolérance sous des apparences d’ “intégrité artistique” !

répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *