California Dreamin’ (2): Frisco la hippie

Le "Wall of Fame" du Fillmore. Photo Le Soir.

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL
Les Harley Davidson nous attendaient au garage de location au petit matin, bien rutilantes, pour vite se retrouver bien rangées sur le parking des motels. Car pour aller à la trace des légendes musicales de San Francisco, il n’est pas nécessaire de se compliquer la vie à chercher où garer.

Rien de tel qu’une petite balade à pied sur Fillmore Street pour retrouver, à l’angle de Geary Blvd., le fameux Fillmore Auditorium. Cette salle mythique de la scène psychédélique des années 60 a vu passer les plus grands noms du rock jusqu’en juillet 1982. Pour une question de voisinage, son fondateur, Bill Graham, décide de le déplacer sur Market Street et l’appelle le Fillmore West. Après sa mort dans un accident d’hélicoptère en 1991, ses proches décident d’accomplir sa dernière volonté : rouvrir le Fillmore original.
Et donc on peut y assister quasiment tous les soirs aux meilleurs concerts en ville (un peu comme l’AB ou le Bota à Bruxelles), sauf qu’ici, on n’a rien touché à la déco d’origine. Velours rouge et lustres géants veillent les milliers d’affiches de concert encadrées. La plupart respectent le style psychédélique né dans la ville, avec ce lettrage déformé par un mauvais trip à l’acide. Et des pommes sont toujours en distribution libre à l’entrée pour qui le veut.
Après ça, on décide de faire un petit crochet par les somptueuses maisons victoriennes de Pacific Heights avant de rejoindre le haut-lieu du mouvement hippie : Haight-Ashbury. Et là on se rend compte que le temps s’est arrêté. Que les enfants des hippies reproduisent les mêmes rêves de leurs parents. On vit dans un van Wolkswagen, on se trimbale en rue avec des fleurs dans la barbe et dans les cheveux, pieds nus et en tenues indiennes. Les commerces ne tranchent pas et donnent dans le vintage et le psychédélique. On est retourné un demi-siècle en arrière.
Pour s’en remettre, rien de tel qu’un petit concert au Rock Steady Café d’Oakland, histoire de balader les bécanes sur le Bay Bridge et de retrouver le groupe de vétérans The Mother Hips. Précédés de Girls + Boys, un groupe local très honorable dans un registre folk-rock pas très original mais bien défendu par une chanteuse qui remplit bien sa mission, les Mother Hips ont pour eux une rythmique bien solide, des harmonies qui nous rappellent toute la scène seventies du coin et deux solides guitaristes. Depuis plus de vingt ans, ce groupe de la Baie livre un rock psyché sans fioritures, très digne et surtout bien électrique.
THIERRY COLJON

La carte

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