Vis ma vie de drone en festival : Rammstein

Frontstage - RammsteinYoupi. Notre internaute, toujours un peu farce, s’est exprimé clairement : 68% des votes en faveur des petits chanteurs à la croix de fer, et hop, c’est bibi qui s’y colle ! Notez, je l’ai comme qui dirait échappé belle : ce samedi soir, mieux valait aller écouter de la poésie en plein air que se déshydrater gravement sous un chapiteau pris d’assaut par des danseurs déchaînés par une bande de Courtraisiens.

Ceci étant, voilà bien le genre de groupe qu’on peut voir quelques fois de suite sans s’ennuyer. Plaisir coupable ? Possible… Même si la musique que pratique Rammstein, qu’on l’appelle « tanzmetall » ou « métal indus », même si cette musique donc ne s’embarrasse pas vraiment de créativité, Till Lindemann sait agrémenter son grand barnum de l’un ou l’autre nouvel accessoire.

Toujours aussi théâtral, à 50 balais, le Berlinois monte sur scène engoncé dans une sorte de boléro en fourrure rose qui lui fait un look de Ferrero Rocher mutant. Après, c’est toute la panoplie que la bande sort de ses malles : la marmite, les lance-flammes, le figurant qui joue au fan monté sur scène et auquel on met le feu, les fumigènes, les feux d’artifice, les pieds de micros qui flambent et, bien sûr, les accessoires à caractère sexuel. Comme d’habitude, c’est Flake le claviériste qui prend, au propre comme au figuré. Notamment pendant la scène de l’éjac… pardon, le climax, accueilli par des centaines de connaisseurs rigolards. « Connaisseurs », dans le sens « habitués des concerts de Rammstein ».

Résumons-nous. Rammstein est typiquement la formation qui, au-delà de son armée de fans (une petite pensée au passage pour ceux présents tout devant dès midi, et qui ont successivement découvert Stereophonics et Kendrick Lamar), draine du monde en festival. Son cirque, encore passé par Anvers en mars 2012, est fait comme il se doit de numéros attendus, même si on ressent parfois un petit serrement de gorge quand on pense au prix de l’essence. Les textes ? On comprend peu quand on ne cause pas le teuton mais on perçoit bien qu’ils parlent des turpitudes de ce bas monde. Les refrains, eux, sont faciles à scander. Et puis, ce répertoire aux accents martiaux qu’aucun album studio n’est venu enrichir depuis 2009 (Liebe ist für alle da) réserve parfois une petite surprise, comme cette version piano/voix de « Mein herz brennt »… Enfin, Till a beau aimer la crasse, c’est néanmoins un garçon bien élevé qui remercie le public d’un « Wir houden van u » dans lequel, si on se laissait aller deux secondes, on percevrait même une touche d’émotion. Mais la petite larme, on l’écrasera une autre fois, j’ai une currywurst sur le feu.

Didier Stiers
(Photo : Mathieu Golinvaux)

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Setlist
– Ich tu dir weh
– Wollt ihr das bett in flammen sehen ?
– Keine lust
– Sehnsucht
– Asche zu asche
– Feuer frei
– Mein teil
– Ohne dich
– Wiener blut
– Du riechst so gut
– Benzin
– Links 2-3-4
– Du hast
– Bück dich
– Ich will
Rappels
– Mein herz brennt
– Sonne
– Pussy

Didier Stiers

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4 Comments

  1. didine1993riedel

    7 juillet 2013 à 21 h 25 min

    Alors j’avou que apres 16 heures d’attentes (coupé par des concerts divers et Volbeat qui a bien chauffer le public avant Rammstein)ça vallais la peine!

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