Vis ma vie de drone en festival : Mark Lanegan

Frontstage - LaneganEntre Satàn, J.C. de son prénom, et l’ange noir Mark Lanegan, l’internaute a préféré le second. Probablement en oubliant qu’on en a déjà parlé sur ce blog, non ? Pas grave (hop, attention, jeu de mot !) : aller l’écouter en live a toujours un petit quelque chose de transcendant. Donc, l’internaute : merci bien !

Rien ne ressemble plus à un concert de Mark Lanegan qu’un autre concert de Mark Lanegan. Du moins, si l’on ne s’en tient qu’à l’éclairage (rouge, constant) et à la pose caractéristique de l’homme à la voix d’outre-tombe : planté en milieu de scène, la jambe gauche un rien vers l’avant, main gauche sur le dessus du micro, la droite serrant le pied à hauteur de la ceinture. Il y a des images qui s’impriment bien dans le cerveau : celle-là en fait partie.

Et puis, on va à Mark Lanegan comme on va à la messe. Enfin, c’est l’idée, dans un premier temps. Parce qu’on rêve d’être transporté. De retrouver la foi. Croire à nouveau dans ces sons de guitares qui marquent ces chansons comme des stigmates. Boire ce blues venu du fond des temps comme la bonne parole. C’est juste qu’on oublie à chaque coup un petit détail : le compadre de luxe de Josh Homme est moins officiant que conteur, et ce n’est pas à l’autel qu’il s’est installé. Disons au Titty Twister, le rade des âmes en perdition pensant trouver un peu de réconfort et qui finissent torturées du crépuscule à l’aurore. Pour du vrai, pas du cinoche !

Quand il ouvre la bouche, entame « The gravedigger’s song », « Hit the city » ou « Grey goes black », c’est comme s’il répandait de la braise incandescente sur le plancher du Marquee. Il y a aussi cette sorte d’insistance dans l’intonation, comme s’il s’acharnait à fouiller de la voix les recoins sombres de l’humain. Et quand se referme ce brûlant évangile selon Saint Mark, avec « Methamphetamine blues », on tremble un peu en se disant que le soleil n’est pas encore sur le point de faire son retour. « Thank you, kind and beautiful people », lâche-t-il en quittant la scène. Le genre compliment qui ne rassure qu’à moitié.

Didier Stiers

 Son album de reprises, Imitations, sortira le 17 septembre.

Didier Stiers

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