The Prodigy en mode agricole

Les Anglais clôturaient la journée de vendredi sur la Main Stage. Rien que d’y repenser, ça donne envie de citer plein de marques de tracteur. Ben oui, pour un groupe qui a retourné le champ du Pukkel une heure et demi durant… Dès le festival terminé, on pourra y planter des patates et du chou sans problème, la moitié du taf est déjà faite. En même temps, ce taf, c’est exactement ce qu’on attendait des intéressés !

Surprise number ouane. Ces Anglais habitués des lieux (ils étaient ici en 2005, en 2010…), on les (re)découvre un peu empâtés, à l’exception de Maxim, torse en V, peintures de guerre blanches sur le visage… Le trio, augmenté d’un batteur qui cogne comme un fou et un guitariste pour le look rock de l’ensemble (mais qu’on n’entend pas des masses), le trio donc surprend d’emblée par sa volonté de tout exploser. Côté son, pour commencer : c’est carrément monstrueux, à se demander si les normes en vigueur quant au bruit sont encore d’actualité dans ce coin du pays !

Surprise number tou. Le public, qui couvre certainement deux générations. Tout d’abord les gamins, que les coups de boutoir de Liam Howlett & co – pour eux les ancêtres de Skrillex et autres pratiquants de bass music – font peu à peu sombrer dans la folie. Ici et là, on en repère même qui tentent de se mettre debout sur une solide paire d’épaules. Ou d’autres qui allument des torches. Les quadras, eux, se contentent de marquer le rythme d’un bon mouvement de tête ou de genou, mais ils sont en nombre. Pas réellement en extase mais presque.

Surprise number… Non, pardon, au-delà, plus rien ne surprend. Le tandem Maxim/Keith Flint rejoue son habituel duo de mabouls en mode « crowd attack », surtout dans le chef du second. Howlett est toujours planqué derrières ses ordis et ses machines. Les « Voodoo people », « Poison » et « Firestarter » sont sur quantité de lèvres (en même temps, c’est pas non plus un recueil d’alexandrins). Sur « Smack my bitch up », tout le monde est prié de s’asseoir (et s’exécute), avant de sauter en l’air comme une mine antipersonnel. Ou un Jack hors de sa box parce que, reconnaissons-le, Prodigy, c’est des méchants pour rire, hein ? Oui, certes, bien plus en place que lors de leur calamiteux passage par Ostende, pour le Beach Rock de 2002. Mais revenus d’on ne sait trop où ni trop pour quelles (bonnes) raisons. Par contre, quand ils bouclent « Out of space », on se souvient d’où ils viennent : 1994, coco ! Une année de Blur, Hole, Alice In Chains, Beastie Boys, Portishead. Nine Inch Nails, aussi, tiens…

Didier Stiers
(Photo : Mathieu Golinvaux)

 

Didier Stiers

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6 Comments

  1. Dam

    19 août 2013 à 12 h 52 min

    “out of space” c’est 1993. En 1994 on a eu “music for jilted generation” avec No Good, Voodoo People et Poison.

    C’était juste pour faire chier, de rien 🙂

    • ds

      19 août 2013 à 14 h 47 min

      Y’a pas de mal. C’est même novembre 92, en fait, pour le single. Merci pour vos encouragements. ;o)

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