Nuits Botanique (jour 11) : la dernière couche

Joseph Arthur qui se fait plaisir en roue libre, après une belle « première » pour Joy : en route pour une ultime soirée contrastée. C’était ce lundi à l’Orangerie…

« J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle, c’est que nous allons jouer toutes des nouvelles chansons. La mauvaise… c’est la même ! » Il a le mot pour rire, Marc Huyghens ! Les nouvelles chansons en question constituent le second album de Joy, All the battles, un disque concocté chez John Parish et qui verra le jour de ce côté-ci du Channel début octobre. Le concert de ce lundi soir est donc une première, mais avec Françoise Vidick (batterie, chant) et Katel (guitare, basse, chant), il sort tout juste de quelques jours d’une résidence consacrée aux répétitions. A Annecy, notamment.

Frontstage - Joy

Et franchement ? Tout cela est plutôt « bonne nouvelle » que « mauvaise ». Sur scène, les combinaisons vocales s’avèrent, semble-t-il, plus variées que par le passé. Dès l’entame, avec « Drift and drive », une composition à la progression lente, un peu à la Low, on sent aussi quelque chose de fort se dégager du travail du groupe. Le volume sonore n’y est pour rien : c’est juste que ces titres, dont certains toujours crépusculaires, s’imposent par leur densité, leur vie propre. La guitare surgit non sans violence dans « The white coat » (une évocation des camps d’extermination et de ce que la vie peut parfois tenir à un fil). Dans l’intro de « Great fire », elle prend un petit accent joydivisionnesque.

« Mirage » est pour l’heure le seul extrait du disque précédent. « Life », tout neuf par contre, sonne avec sa mandoline presque gai, presque pop. Et devrait servir de single. Quant à « Golden gun », c’est le genre de berceuse sombre, parfaite pour clôturer ce set. Accrocheur, et donc annonciateur d’un disque qui risque de s’user dans le lecteur…

Changement de ton sur le coup de 21h30… Joseph Arthur se produit ces temps-ci sous un pseudo rigolo : The New Professionals. Soit avec Bill Dobrow aux futs et un certain Mike Mills à la basse. Voui, voui, le Mills de REM ! En tout cas, ces deux-là le rejoignent après une sorte de première partie en solo, pendant laquelle celui qui fut un jour « la » découverte du label Real World rend un vibrant hommage au défunt Lou Reed. En reprenant « Sword of Damocles » et « Coney Island baby ». Puis, en trio cette fois et d’une voix grave, le mythique « Walk on the wild side ». D’autres covers figurent sur Lou, son récent tribute album…

Frontstage - Arthur 2

Avec Dobrow et Mike Mills, on quitte vite la grande ville. Direction l’Amérique profonde. Le son et le ton sont rock, mais un rock qui lorgne par moments vers Springsteen et Mellencamp. Les New Professionals envoient du bois ! Même quand leur patron, le temps de « I miss the zoo », prend ses couleurs et va les étaler sur une toile. Eh oui, Joseph Arthur touche à tout, y compris au live painting. De quoi pimenter encore un concert en roue libre (même si la setlist ne change manifestement pas tous les soirs). Un concert où l’ex-REM, lui, reprend « (Don’t go back to) Rockville », et que le trio termine au-delà de l’horaire imparti avec « I used to know how to walk on water » et « Currency of love ». Mais quand on s’amuse, doit-on vraiment compter ?
Didier Stiers

 

Joy sera ce mercredi à L’Alhambra, avec Oscar & The Wolf. Setlist : Drift and drive / Sunday and I / All the battles / Mirage / 1924 / Jab the fix / Life / The white coat / Great fire / Golden gun.

 

 

Didier Stiers

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