Starflam en fusion

Mercredi à l’Ancienne Belgique, les rappeurs ont ressuscité tout un pan des années 90 et 2000. Mais pas que : ce qu’Akro & co ont montré promet encore bien d’autres bons moments.

Moi aussi, quand j’aurai la quarantaine, je veux être comme eux ! Bosseur. Généreux dans le partage, sachant apprécier chaque instant, du moins, quand c’est du positif qu’il apporte. Osant parfois un pari plus ou moins risqué. Déballant un truc à l’ancienne qui ne veut pas dire « ringard », mais sans faire pour autant celui qui a tout vu et tout vécu, histoire que les jeunes qu’on aime bien comprennent plus vite certains trucs.

En même temps, je sais bien, le boulot de Starflam est déjà pris. Pas besoin de cadastre et pas de risque de pénurie dans cette branche-là ! Les Tontons Flingueurs qui l’assument depuis près de 25 ans sont apparus tellement soudés et irremplaçables sur la scène de l’AB mercredi soir que je viens de confier la destinée de mon cv au premier camion de Bruxelles Propreté qui passait !

Frontstage - Starflam 3

« La corde raide », « Monde confus », « El diablo », « Ce plat pays » : Starflam fait d’emblée le ménage. Ces types occupent ensemble la scène comme s’ils ne l’avaient jamais quittée. Les fameux « automatismes » évoqués par Kaer fonctionnent comme une pendule suisse. Bon son, scratches incendiaires, public festif et réactif au centième de seconde, bonne énergie, communicative même si l’AB était aussi remplie de fidèles : il ne faut pas longtemps pour se retrouver dedans et se dire qu’on va passer une bonne soirée… bien préparée par cette espèce de vibe chaleureuse qui s’est propagée depuis quelques jours sur les réseaux sociaux. Et qui trouve notamment son illustration dans le bloc que forme le groupe autour de Seg et l’allusion sobre mais néanmoins touchante au combat qu’il mène pour sa santé.

Frontstage - Starflam 1

Avec Starflam sur scène, on redécouvre (le cas échéant) le sens du mot « crew ». Dans la foulée de « L’amour Suze » et « Amnésie internationale » rendus comme il se doit avec Coely, leur choriste, chacun des mc’s qui s’est envolé en solo quand le parcours en groupe s’est arrêté a droit à « son » moment. Tout seul ou pas, c’est selon. King Lee alias Pavé le MC qui sait chille sur « L’énergie du désespoir » et joue un peu plus tard les freaks sur « Deerty pimpin style ». Akro ? « Bitches from Brussels », comme une claque ! Quant à Didier/Kaer, c’est dans Versatil qu’il va puiser de quoi faire « Bailar » une AB où rap et sonorités latino entraînent plus d’un déhanché.

Et au fait, ces nouveaux titres ? Justement, celui auquel nous avons eu droit à l’heure du sacro-saint curfew s’intitule « À l’ancienne ». Sur scène, les breakeurs invités (oui, il y avait aussi des danseurs) y ont trouvé amplement de quoi être inspirés. Par ce petit gimmick funky, notamment, qui rentre bien dans l’oreille et puis s’attaque direct aux genoux. Ces quasi quadras-là vont encore cartonner sans se compromettre. Vous voulez parier ?

Didier Stiers

 

Didier Stiers

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