The Districts débarque dans le secteur

A l’affiche du prochain Pukkelpop, le quartet américain The Districts sera ce jeudi 9 avril au Botanique pour faire cracher la poudre

Berlin. Kreuzberg. Privatclub. Mercredi 4 février, 18 h 30. Avant la chute du Mur, Kreuzberg était l’un des douze districts de Berlin-ouest et faisait partie du secteur américain. Depuis, dans ce quartier populaire qui est devenu l’un des lieux branchés de la nuit berlinoise, se trouve le Privatclub (club de 300 personnes) qui accueille ce soir l’un des groupes américains les plus prometteurs du moment. Alors que le premier album A flourish and a spoil (chroniqué ici même le 4 mars dernier) n’est pas encore sorti, Rob Grote (chant/guitare), Conor Jacobus (basse), Mark Larson (guitare) et Braden Lawrence (batterie) font une mini-tournée européenne d’une poignée de dates.

Précédé d’une excellente réputation sur base d’un premier EP produit par Bill Moriarty (collaborateur de Dr. Dog) fort de chansons fougueuses, immédiates et toutes guitares dehors, The Districts a aussi une histoire assez inédite et rigolote ou, du moins, plutôt rare de nos jours. Les gamins (ils n’ont pas 20 ans) sont originaires de Liliz, une ville de Pennsylvanie de 10.000 habitants autoproclamée sur un site local comme «  the coolest small town in America ». Officiellement, les petits rockeurs se font remarquer en 2012 suite à 400.000 vues de « Funerals beds » sur la Toile.

Lorsqu’on les retrouve le mercredi en question dans cette pièce minuscule qui leur sert de loge, on découvre des tables basses remplies de bouteilles de bière recyclées en cendrier. L’ambiance est détendue. Rob, Conor, Marc et Braden n’arrêtent pas de se chambrer mutuellement et la tonalité quasi hystérique de leurs éclats de rire laisse présager un taux raisonnablement élevé de THC dans le sang. D’ailleurs, lorsque l’eau pour le thé que leur attachée de presse a fait bouillir sifflote parce qu’elle est prête, les quatre polissons se tiennent les côtes, pliés de rire. « Tu entends, lâche Rob. On dirait un mec qui tire sur une pipe à eau ! » Et la conversation d’atterrir sur Up in smoke, le cultissime film de Cheech & Chong, sorte de Grande Vadrouille meets The Blues Brothers à la sauce cannabique.

Si on n’a pas appris grand-chose lors des 10 minutes d’entretien évaporé en barres de rire, on retient plus sérieusement cette fois l’excellente tenue de leurs chansons. En un peu moins d’une heure et malgré des moments plus faibles, The Districts a suffisamment de tubes (« Peaches », « Young Blood ») pour convaincre. On pense aux Walkmen, à Afghan Whigs, à Sebadoh ou même au Crazy Horse pour le souffle de certaines envolées électriques. Soit du rock indépendant exalté défendu avec fougue et passion. « On essaie juste d’être le plus honnête possible », déclarait Rob quelques heures plus tôt. C’est cette sincérité palpable et leur grande force mélodique qui font de The Districts l’un des groupes à suivre du moment.

PHILIPPE MANCHE, à Berlin

The Districts, ce jeudi 9 avril au Botanique (Rotonde) avec Yung, en première partie. Infos et réservations

www.botanique.be. The Districts sera également le vendredi 21 août 2015 à l’affiche du Pukkelpop 2015.

Infos www.pukkelpop.be.

Notre critique de l’album et son écoute intégrale sur Deezer.


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