Retour aux sources avec Benjamin Clementine

Les Nuits Botanique ont officiellement commencé ce samedi.

La soirée figurait parmi les plus attendues de cette 22e édition des Nuits Botanique. Samedi soir, la foule se pressait en masse sous le chapiteau pour voir Benjamin Clementine, coqueluche branchée de la scène musicale actuelle.

En deux ans à peine, ce jeune anglais d’origine ghanéenne a connu une ascension fulgurante. Son parcours atypique fait en réalité penser à un conte de fées moderne. En 2010, devenu prisonnier d’un destin qu’il ne souhaite pas, Benjamin Clementine décide de quitter ses tracas londoniens pour venir tenter sa chance à Paris. Pendant des mois, il passe d’un foyer d’hébergement à l’autre. Pour ne pas devenir fou et pour survivre, il crée et joue dans le métro. C’est là qu’il sera remarqué, comme Keziah Jones vingt ans plus tôt. Tout s’enchaînera alors très vite: signé par une maison de production française (Behind) et par le label Barclay (Universal), il enchaîne les concerts. À l’automne 2013, il est invité sur le plateau de Jools Holland sur la BBC2 aux côtés des Arctic Monkeys et de Paul McCartney. “Cornerstone”, son premier single, devient alors pendant quelques jours la chanson la plus écoutée sur Spotify. Un pas de plus dans une carrière déjà florissante à l’international.

Son style, pourtant emprunt d’un certain classicisme, séduit. Un style qu’on sent nourri de nombreuses influences. « On m’interdisait d’écouter de la musique profane à la maison, explique le musicien au Monde. Je me suis rabattu sur la musique classique, en commençant à étudier le piano à l’âge de 10 ans. J’en ai gardé un amour de l’opéra, en particulier pour Maria Callas. Erik Satie est l’un de mes compositeurs préférés. » Une admiration que l’on ressent dans ses compositions, mélancoliques et tristes parfois. La chanson française tient aussi une grande place dans son cœur puisque l’on retrouve Ferré et Brassens parmi ses chanteurs préférés.

C’est cet ensemble que l’on ressent dès les premières notes quand Benjamin entre sur scène. Dans un premier temps seul avec son piano, il arrive à capter l’attention du public, extrêmement enthousiaste. L’indémodable recette du piano-voix, emprunte de traditions, semble toujours plaire autant.

L’ambiance est détendue. Le musicien procède à ses réglages lumières, comme si de rien n’était, et ça semble ravir les spectateurs.

Ses intentions sont parfois un peu maladroites, comme brusques ou précipitées. Mais peu à peu on oublie cela pour se laisser bercer par les histoires qu’il nous raconte. Ses chansons raisonnent comme une sorte de libération et de guérison. Une impression que renforce encore l’arrivée d’une géniale violoncelliste qui donne une dimension et un dynamisme supplémentaires à la prestation.

Sans avoir l’air d’y toucher, Benjamin Clementine livre une musique brute et authentique. L’ensemble s’avère sincère et touchant. Drôle même lorsque le chanteur termine les rappels sur une version revisitée d’”Emmenez-moi” de Charles Aznavour, dans un français incertain mais tellement rafraîchissant. Clementine a décidément plus d’un tour dans son sac.

GAËLLE MOURY

Gaëlle Moury

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