Of Monsters and Men, la déferlante islandaise

Rock Werchter s’ouvre dès demain jeudi et ce jusqu’au dimanche 28 juin. Le plus anglo-saxon des groupes islandais y défendra son nouvel album « Beneath the skin »

Il aura fallu un seul album My head is an animal emmené par l’épique « Little talks » pour faire du quintet islandais un phénomène avec un grand P. Rencontrés le 24 avril dernier dans un hôtel de Reykjavik face à l’Atlantique Nord, Nanna Bryndis Hilmarsdóttir et Ragnar Pórhallsson (respectivement chanteuse et chanteur guitariste des OMAM) restent calmes et imperturbables face à ce succès aussi rare qu’incroyable dans un marché du disque morose et tristounet.

Vous êtes originaires d’un pays de plus de 300.000 habitants et votre vidéo « Little talks » a été vue par plus de 147.000.000 de personnes. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Ragnar  : C’est sûr que lorsque nous avons vu le nombre de followers augmenter, ça fait quand même un drôle d’effet parce que c’est assez incroyable. En même temps, c’est juste un chiffre. Énorme, mais ça reste un chiffre. Bien sûr, c’est quelque chose de flatteur !

Nanna : C’est compliqué à verbaliser. Essayer de trouver une signification à cela n’est pas très important.

Ce chiffre est malgré tout révélateur de votre incroyable ascension, et en très peu de temps. Vous avez une explication rationnelle ?

Ragnar : Le plus fou, c’est de prendre conscience de tout ce succès sans que cela ne t’affecte dans ton quotidien. Nous avons travaillé dur, nous continuons à travailler énormément et lors de notre précédente tournée, nous n’avons pas ménagé nos efforts. Chaque concert était important et aucun n’était à prendre à la légère. Que ce soit dans un club ou en plein air, nous avons toujours donné le meilleur de nous-mêmes. Idem avec la promotion. Nous avons accordé des centaines d’interviews. Plus simplement, sommes-nous peut-être arrivés au bon moment avec une musique qui s’est connectée à des gens qui aspiraient à ce genre d’univers. Quand tu souhaites toucher le plus de gens possible, il faut tout mettre en place pour le faire et bien le faire. Ceci dit, il y a sûrement eu également un facteur chance.

Personne ne vous plaindra d’être aussi populaires, évidemment. Vous avez tout fait pour en arriver où vous êtes aujourd’hui. Quels sacrifices ont été les plus difficiles à gérer ?

Nanna : Nous sommes d’abord contents de faire ce qu’on fait. Il n’y a pas un jour où je ne mesure pas la chance que j’ai de faire ce métier que j’aime et qui me procure énormément de joie. Le plus difficile, en ce qui me concerne, c’est lorsqu’on part sur la route parce qu’on ne sait jamais vraiment pour combien de temps nous partons. Lors de notre précédente tournée, des dates s’ajoutaient sans arrêt alors oui, bien sûr, il y a un revers à la médaille. Quand tu es parti depuis plusieurs mois, tes amis te manquent, ta famille, ton copain, des choses logiques mais pas toujours évidentes à gérer et à assumer.

Ragnar : Nous avons la chance d’avoir un entourage qui nous comprend et nous encourage. Nos familles et nos fiancées aussi. Ça aide. Et crois-moi, ce n’est pas évident d’être compréhensif quand tu as ton copain qui est en tournée pendant un an et demi. Maintenir ton couple quand tu es sur la route, ce n’est pas une sinécure. En ce qui me concerne, c’est sans doute encore plus difficile pour mes parents parce que ma copine vivant au Danemark, je reviens encore moins souvent en Islande.

Qu’avez-vous appris lors de cette longue tournée et qui vous a été bénéfique pour rentrer en studio et enregistrer « Beneath the skin » ?

Ragnar : Quand tu joues tous les soirs ou pratiquement pendant 18 mois, ton approche de la musique change forcément. Tu apprends à trouver ta place sur une scène dans une petite salle ou devant 60.000 personnes. C’est différent. Tu apprends aussi à gérer une certaine promiscuité.

Nanna : Nous allons arranger notre planning pour revenir plus souvent à la maison. Je ne peux parler que pour moi, même si je pense que mon ressenti est partagé par le groupe, c’est l’aspect confiance. Plus on joue ensemble et plus cette confiance se tisse et se solidifie. C’est un sentiment agréable et sécurisant de travailler avec des gens en qui tu as confiance.

Diriez-vous que vous avez plus appris sur vous, en tant qu’être humain, que sur votre métier ?

Ragnar : C’est sûr que vivre aussi longtemps en dehors de ta base, ça te fait grandir d’un coup.

Comment présenteriez-vous ce nouvel album qui sonne très « live » ?

Nanna : Nous voulions des textes plus ouverts et plus personnels. Nous avons expérimenté d’autres instruments. C’est un disque différent, nous avons plus d’expérience, il est plus mature. C’est un disque qui forme une réelle entité par rapport au précédent qui était peut-être plus une collection de chansons.

Propos recueillis, à Reykjavik, par PHILIPPE MANCHE

Of Monsters and Men reviendra à Forest National le dimanche 15 novembre 2015. Infos et réservations au 0900-260.60 et sur le site www.proximusgoformusic.be.


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