Le monde merveilleux de CocoRosie

Dour, terre de contraste, où s’affrontent notamment les mystiques CocoRosie et les plus classiques C2C.

Avant un nouvel album annoncé pour l’automne, les soeurs Casady étaient de passage pour la deuxième fois sur la plaine douroise. Et en fait, rien que pour le voyage et pour les personnages, il faut voir CocoRosie en concert.

D’un côté, Bianca, la cadette, chapeau melon, veste argentée et chaussettes hautes, un peu comme une hip-hopeuse d’un autre monde. Face à elle, Sierra, plus lyrique, perruque afro et jupe à volants.

Avec elles, TEZ au beatbox et Taku aux claviers, à la trompettes et autres expérimentations. Le premier fait figure de clown triste et gothique, avec des yeux maquillés de noir. Le second est plus jovial, avec son grimage et son petit chapeau rigolo.

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Très vite, tout ce petit monde installe une atmosphère mystique, à coup de beats, de basses et de passages à la harpe. C’est entraînant, intéressant et ça ne tombe pas dans le mysticisme profond qu’on pourrait craindre.

Dans le public, des ballons de toutes les couleurs flottent et des fusées à paillettes jaillissent. L’ambiance est bon enfant.

Après un début de concert tranquille, TEZ, qui faisait un peu de la figuration jusqu’ici, prend possession de la scène et met une ambiance de folie dans la Petite Maison. Ses basses, qu’il mélange subtilement avec un peu de Prince, retournent le ventre. C’est dingue ce qu’on peut faire juste en beatboxant quand même!

Après cet interlude dansant, l’ensemble du groupe fait son retour pour une deuxième partie de concert avec un grain de folie en plus. Sierra s’est transformée en femme fatale, bestiale même, vêtue d’une combinaison léopard moulante et cheveux au vent. Elle fait le show, à coup de sauts acrobatiques et de danses endiablées.

C’est à peu près un sans faute, même si on se serait bien passé de la sérénade façon “you’re my best friend”, un peu trop larmoyante.

Le succès est tel que les soeurs reviennent même pour un rappel qui semble les remplir de joie (Sierra gratifie le public d’une superbe roue. Bianca se lâche et danse ventre à l’air).

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Mais Dour, c’est avant tout le contraste. Après les mystiques soeurs Casady, C2C enchaine sur la Last Arena. À leur palmarès, quatre victoires consécutives au DMC, championnat international de DJs hip-hop.

Et les Nantais ne sont pas champions du monde pour rien: impressionnants de dextérité sur certains morceaux (alors que pour d’autres ils se contentent d’une bande son), ils balancent vite leurs tubes populaires. Down the road, Happy, … tout y passe. C’est pas tout à fait extraordinaire mais c’est juste ce qu’il faut pour un début de soirée. Le set se termine sur le très joli F.U.Y.A., accompagné de projections de formes géométriques fluorescentes. Et c’est un peu dommage parce que ça fonctionne moins que leurs hits radios…

GAËLLE MOURY
Photos: MATHIEU GOLINVAUX

Gaëlle Moury

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