Les matins blancs de Joseph d’Anvers au BSF

Contrairement à beaucoup d’autres vus un peu partout cet été, on ne trouvera qu’au Brussels Summer Festival un Joseph d’Anvers qui vient de publier son quatrième album

C’était en 2006: Joseph d’Anvers – natif de Nevers mais habitant à l’époque à deux pas de la station Anvers à Paris – publiait sur le label Atmosphériques son premier album, Les choses en face. Les deux albums qui lui ont succédé (Les jours sauvages en 2008 et Rouge fer en 2011) ont davantage soigné sa réputation dans le milieu musical qu’auprès du grand public.

Ses parrains sont Alain Bashung, pour qui il écrit «Tant de nuits» sur l’album Bleu pétrole, Daniel Darc, qui lui conseille d’abandonner le cinéma au profit de l’écriture de chansons et lui offre «Les cicatrices», Christophe Miossec, avec qui il chante «La vie est une putain», Dominique A qui lui a offert le texte de «Tremble» sur son dernier disque…

Aujourd’hui, le statut d’un Joseph d’Anvers est comparable à celui d’un Babx, d’un Da Silva ou d’un Patxi: une plume recherchée et un succès dit d’estime.

Après ses trois albums, le label du Liégeois Marc Thonon n’est pas chaud pour renouveler son contrat. Dominique A, du coup, conseille à Joseph de produire lui-même son nouvel album. Ce qu’il fera avec l’aide de la plateforme participative Kisskissbankbank. La levée de fonds bat des records sur le site de crowdfunding: en 24 heures, le budget est bouclé. Joseph contacte alors le Belge Jean-François Assy pour les arrangements de cordes réalisées à Bruxelles.

Les chansons sont là, plus d’une centaine, même si le chanteur n’est pas resté inactif pendant tout ce temps. Il a écrit pour Dick Rivers comme Olivier Juprelle. Il continue d’écrire (son premier roman, La nuit ne viendra pas a paru en 2010). En 2012, il crée un spectacle hybride entre musique, lectures et cinéma, intitulé Dead Boys. Seul sur scène, il a également donné des ciné-concerts pour enfants.

«Avant, j’aimais multiplier les collaborations, le souci étant de trouver comment intégrer tout cela dans la chanson. Là, sur les conseils de Miossec, j’ai tout écrit et composé à la guitare et maquetté les chansons ainsi. J’ai aboli tous les complexes. Ce qui donne ce côté plus pop. J’avais une envie de simplicité alors que mon écriture est alambiquée. Il fallait que la mélodie me plaise. Dominique (A) a validé ce côté chant assumé à gorge déployée. Sur mon premier album, j’avais une voix toute douce car je venais de me faire opérer des cordes vocales.»

Le disque Les matins blancs lui ressemble dans ce soin apporté aux textes sur des mélodies fortes. Lescop a également rejoint Miossec et Dominique A dans la liste des auteurs amis. Joseph peut être fier de son disque, que le succès soit ou non au rendez-vous : «Miossec, pour me rassurer, m’a dit que la France aime les vieux chanteurs. Il n’a jamais eu autant de succès qu’aujourd’hui. Dominique aussi. Les médias se jettent dans une course à la nouveauté. Maintenant, je suis comme un poisson, je me laisse porter par le courant. J’aime être sollicité. J’ai un projet de film, l’idée aussi d’un supergroupe avec Christophe et Dominique, puis trois albums en tête (un électro, un rock et un chansons), un bouquin de BD pour ados en chantier, deux artistes m’ont demandé de produire leur album… Pour continuer, il faut avoir la foi…»

Et Joseph n’en manque pas. Tel un véritable artisan, il creuse son sillon, laissant derrière lui des traces qui ne peuvent que séduire ceux qui font l’effort de les suivre.

Le programme complet et nos 5 coups de cœur

Thierry Coljon

Joseph d’Anvers sera à la Madeleine le 20 août à 20 h 30. Album Les matins blancs (distr. LC Music).

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