Nuits 17: voyage au centre de la Terre avec Max Cooper

Le producteur irlandais Max Cooper a offert un show multimédias cinq étoiles samedi aux Nuits Botanique. Compte-rendu et explications avec l’intéressé.

Plus qu’un concert, c’est un show total en son et vision que nous a offert le producteur irlandais Max Cooper. Une plongée rétinienne et auditive au centre de la Terre. Tel est le concept de Emergence qui retrace ni plus ni moins que le développement de l’univers sous forme de show visuel (phase 1 développée avec différents artiste vidéastes, mais aussi des architectes et mathématiciens) et de disque (phase 2.). Le tout étant structuré selon des chapitres retraçant l’évolution de la vie, des nombres premiers à l’homme.

« Emergence, c’est la combinaison des trois choses qui me tiennent le plus à coeur : la science, les arts visuels et la musique, nous a expliqué Max Cooper quelques heures avant de monter sur scène. Je crois qu’à l’origine, il y a cette connexion émotionnelle que j’ai avec la matière, que ce soit dans la musique ou la science, cette structure qui définit comment les choses fonctionnent ».

Max Cooper & Tom Hodge – Symmetry from Kevin McGloughlin on Vimeo.

Biologiste de formation, Max Cooper a préféré mettre ses connaissances scientifiques sous forme artistique. Au départ, c’est pourtant les clubs et la techno qui l’occupent. Pendant six ou sept ans, il mixe, sort des EP et remixe les autres. Le beat est dur et froid. En 2014, il se fait plus mélodique et ambient avec son premier album – et premier concept – Human. Max Cooper développe alors déjà ce qui allait devenir Emergence , dont une première version du show a été présentée pour la deuxième fois à Bozar en 2015 (« J’étais super stressé ») et qui se déploiera dans une troisième et dernière phase avant la fin de l’année sous la forme d’un film avec un son surround.

« J’aime les détails. J’aime le fait de découvrir des choses au fur et à mesure que tu t’approches de la matière, que ce soit en art ou en science. C’est comme écouter de la musique au casque, tu es immergé dans le son et tu découvres plein de choses que tu n’avais alors pas entendues. Je sais que la plupart des gens n’écoutent pas en surround, mais tant pis, c’est quelque chose qui me fascine et les dix personnes qui l’écouteront de cette façon vivront une vraie expérience sensorielle ».

Et c’est bien ce qu’on a vécu samedi à l’Orangerie. Une expérience sensorielle où son et vision se confondent sans que l’un ne prenne le pas sur l’autre (« La musique doit pouvoir fonctionner seule »). Preuve en est donnée notamment lorsque Max Cooper s’amuse à déstructurer (détruire) les douces mélodies jouées au piano. Là, Aphex Twin rencontre la grande école mélodique. L’image réagit au son, tout se brouille, la Terre gronde et le beat est lâché avant une plongée dans un Trou Noir.

Science, son et vision. Toujours, les trois pieds de l’édifice qui se mélangent et se répondent. Au risque d’assister à un cours de biologie pour les nuls ?

« J’espère que non ! Mon père qui est ingénieur est venu voir le show à Belfast. Et sa réaction a été : ‘Ce n’est pas de la science pure !’ Effectivement, ce n’en est pas (rires). Les thèmes sont liés à des idées scientifiques, mais ça reste une démarche artistique. Ce qui m’intéresse, ce n’est pas de donner une conférence, mais que les gens sortent du show avec peut-être une autre perspective de ce que la musique électronique peut offrir. Que l’électro te fait danser, mais qu’elle te permet aussi de t’immerger dans le son, dans le visuel. Bref, dans la matière ».

DIDIER ZACHARIE

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Photos SYLVAIN PIRAUX

Journaliste lesoir.be

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